DEUXIÈME ÉrOQCE. 307
avec l’autre. Quand un Grégoire VII, un Innocent III , un Boni-face VIII mettaient la tiare au-dessus du sceptre, ils ne défendaientpas seulement les intérêts de la religion : ils-représentaient, au plusliant degré, la lutte éternelle entre l'esprit et la matière, la puis-sance du génie sur la force brutale, à une époque où les peuples nesavaient pas lire et les rois signer leurs noms.
Cette lutte mémorable de la papauté et du pouvoir temporelforme, sans contredit, une des plus belles pages de la philosophie del’histoire.
CHIMISTES ARABES (alchimistes).
Les Arabes se livrèrent aux travaux de la médecine et de la pharmacie. plutôt qu’a ceux de la chimie proprement dite.
C'est particulièrement sur la préparation des remèdes qu’ils por-taient leur attention : et, sous ce rapport, ils ont rendu de vérita-bles services, comme l’attestent les noms chaldéeus ou persans,arabisés aujourd luti, adoptés dans la science. Exemples : alcool{ JI.CJI ) (t ), alhali (2), borax (3), élixir (4), laque (h).
Quoique l’art hermétique, ainsi que la pratique de la magie,soient expressément détendus dans le koran , les Arabes embrassè-rent cependant a\ ec ardeur les doctrines mystiques de l’art sacré etde la philosophie néoplatonicienne dont Abou i\assr-Alfarubi était,au commencement du xi e siccle (t010), un des pluszéiés propaga-teurs.
Les Arabes rattachaient à l’idée de l’alchimie l’art de transmuter
(t) Le mot alcool signifie quelque chose qui brûle , du chaldéeu nbp brû-ler, torréfier. Alcool est donc presque synonyme de aqua ardens ( eau ardente )et de t.'s. uysov ( leu liquide ).
(2) Ce mot vient également de la racine clialdéenne nbp brûler, torréfier ;parce que 1 alcali était obtenu par la combustion du bois et la lixiv iation descendres.
(3) Ce mot dérive de pTn ( borak) blanc.
(4) De ( kesir , el-kisir ), essence.
(5) De -p ( lakh ), résine, laque.
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