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Tome premier.
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HISTOIRE DE LA CHIMIE.

les métaux , île l'aire de l’or et la panacée universelle. Ils disputè-rent, ainsi que le firent plus tard les alchimistes de l'Occident , [jouret contre la réalité de cet art. Parmi ceux qui ont soutenu la réa-lité de l'alchimie, se distinguent El-Rasi et Ebid-Durr. Parmi ceuxqui l’ont niée, on remarque particulièrement Ibn-Sina , Al-Kendi,l’adversaire d'El-Rasi, Ben-Yetïm, antagoniste d’Ebid-Durr. Maisle plus célèbre de tous est Djafar ou Géber , qui est généralement con-sidéré comme le restaurateur de la science alchimique.

Les plus anciens ouvrages que les Arabes prétendent avoir reçusdes Indiens, des Égyptiens, des Perses et des Grecs, sont les livresalchimiques des brahmines, Bojunol-lirehmen, c’est-à-dire démons-trations des brahmines; le traité ( rissali) de Dsehamasp, vizird’Erdeshir ; le livre d’Hermès Trismégiste à son fils That , les livresd’Aristote, d’Agathodémon, d'Iléraclius et des Nabathéens , traduitspar Ibn-Wachije (l).

Après Djafar, le maître de Chaled ben lesid, on cite Jleds-chriti Toghruji , l'auteur d'un poème alchimique, dont Pococke adonné une traduction (21, et Dschildegi , le dernier des grands al-chimistes (3).

Cet auteur réunit cinq ouvrages anciens en un seul, sous le titre :la Lanterne pour la science de la clef (al-missbah fi ilmil-miltah). Ces cinq livres renferment, dit-il dans sa préface, l'espritdes trois mille livres de Djafar, et celui-ci l’esprit des cinq. Il donnel’histoire des alchimistes du vm e siècle de l'hégire (xv e siècle),dans un ouvrage intitulé le Lever de la lune sous la pré-sidence des parcelles d'or. On peut, d'après ce titre mystico-as-trologique, soupçonner en quelque sorte le contenu de l'ouvrage.

Les Arabes étaient les dignes héritiers des néoplatoniciens. Leurimagination ardente devait souvent pousser jusqu'à l’excès le sym-bolisme mystique des philosophes d'Alexandrie . Ils appelaient l’al-chimie la science de la clef (ilmol-miflah), la science de la ba-lance, la science de la pierre philosophale, la science de K(initiale de kimia), la science de M (initiale de niisan, balance).

(1) Voy. Hammer, dans Encyclop. der Wissenschaften ( Encyclopédie dessciences ) deErsch et Grutier; Lips., 1819, 4.

(2) Carmen, éd. Pococke, 8; Oxon, 1661.

(3) Albulfarag., Hist. dynast., édit. Pococke. — J. Léo, libellus de viris quibus-dam illustribus apud Arab., édit. Hottinger, 1660, ligur. 4.