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HISTOIRE I)E LA CHIMIE.
comment Gober et la plupart des alchimistes entendaient la com-position et la transmutation des métaux. Cette théorie, envisagéesous sa forme la plus simple, n'a donc rien qui puisse être taxé deridicule ou d'absurde.
Passons maintenant à la description que Geber fait successive-ment du soufre, de l’arsenic, du mercure, de l’or, de l'argent, duplomb, de l’étain, du cuivre et du fer.
Soufre.
« Le soufre est une substance homogène, et d’une très-forte compo-sition. Quoique ce soit une matière grasse, on ne peut pas lui enleverson huile par la distillation. On ne le calcine qu’avec une grandeperte. Il est volatil comme un esprit. Tout métal qui est calcinéavec le soufre augmente de son poids d'une manière incontestable.Tous les métaux peuvent être combinés avec ce corps, excepté l'or,qui se combine difficilement avec lui. Le mercure produit avec lesoufre, par voie de sublimation, Yuziifur ou le cinabre. Le soufrenoircit en général les métaux. Il ne transforme pas le mercure enor ni en argent, comme se le sont imaginé quelques philosophes.
Arsenic.
« L’arsenic est composé d’une matière subtile, et d'une natureanalogue à celle du soufre. 11 est fixé par les métaux comme lesoufre, et on le retire, comme ce dernier, de la calcination desmétaux minerais).
Mercure.
« Le mercure se rencontre dans les entrailles de la terre. Tl n’adhèrepas aux surfaces, sur lesquelles il coule rapidement. Les métauxauxquels il adhère le plus facilement sont le plomb, 1 étain et l’or;il s’amalgame également avec l’argent, et très-difiicilement avoc lecuivre. Quant au fer, il n'y adhère en aucune manière, si ce n’estque par un artifice qui est un grand secret de l’art (î). Tous les
(1) Il est évident, d’après ce passage, que Geber connaissait le moyen d’annal-gamer le fer, moyen qui fut, au xvm e siècle, indiqué par Vogel. Voici ce qui’onlit dans le t. vi, p. 39, des Annales de chimie :
« M. Vogel est parvenu a amalgamer du fer et du mercure en broyant une denni-once de limaille de fer et une once d'alun dans un mortier, jusqu’à ce que le bout