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Tome premier.
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DEUXIÈME ÉPOQUE.

leurs expériences, ces esprits, et souvent même les corps, leur échap-pent par l’action du l'eu.

« Si vous voulez, ô fils de la doctrine, l'aire éprouver aux corpsdes changements divers, ce n’est qu’à l’aide des gaz que vous yparviendrez ( per spiritos ipsos fieri necessc est). Lorsque ces gazse fixent sur les corps, ils perdent leur forme et leur nature ; ils nesont plus ce qu’ils étaient. Lorsqu’on en opère la séparation, voicice qui arrive : ou les gaz s’échappent seuls, et les corps où ils étaientfixés restent; ou les gaz et les corps s’échappent tous les deux à lafois. »

Il est à regretter que l’auteur ne se soit pas étendu davantage surun sujet aussi intéressant ; mais il aurait été probablement conduità révéler des choses qui étaient regardées comme des mystères : « Carvoilà, dit-il en terminant, tout ce que je dois dire, et on ne sait pasencore tout ce qu’il est possible de savoir. Aussi ne connait-on pastout l’œuvre. »

Ce n’est pas la première fois que nous entrevoyons les indicesd’une connaissance vague des gaz (esprits:, et de leur interventiondans les phénomènes chimiques. Mais ces notions sont d’ordinairetellement abrégées ou obscures, qu’on est tenté de croire que lapeine de la fleur du pécher attendait le sacrilège qui les aurait révé-lées aux profanes. S’il est vrai que la chimie des gaz a été l’un desplus grands mystères de l’antiquité, il ne faudra pas s’étonner queles auteurs d’uue époque où les croyances religieuses étaient sipuissantes se soient abstenus de nous y initier.

L’opinion que les métaux sont des corps composés remonte à uneépoque assez reculée. D'après cette opinion, qu'adopte aussi Geber ,les métaux se composent de soufre et de mercure. A ces deux élé-ments Geber en ajoute un troisième, l'arsenic. On s’abuserait étran-gement si l’on croyait que les éléments des métaux sont du soufre,du mercure et de l’arsenic véritables, et tels qu’ils se présententdans la nature. Ces éléments n’ont rien de commun avec les corpsdont ils portent les noms ; les alchimistes ont eux-mêmes soin denous le dire. D’ailleurs, ils tenaient fort peu aux noms donnés auxchoses. L’un de ces éléments est quelquefois appelé esprit fétide[spirilus fœtens ), et l’autre eau vivante ou eau sèche.

Ainsi, les métaux se composent de deux ou de trois élémentsd’une nature particulière. Leur proportion varie pour chacun desmétaux. Celui qui parviendra à les isoler aura le pouvoir d’engen-drer ou de transformer les métaux à volonté. Voilà, en deux mots,