DEUXIÈME ÉPOQUE. 323
Voilà une analyse assez rapide des ouvrages de Geber , l’oracledes chimistes du moyen âge, qui n’ont souvent fait que copiertextuellement leur maître. Geber est pour l'histoire de la chimiece qu’Hippocrate est pour l’histoire de la médecine.
Une chose qui frappe d’abord, en parcourant les écrits de Geber ,c’est de voir combien il est sobre de théories sur la transmutation jdes métaux. 11 n’est pas éloigné de croire que les corps qui possè-dent la vertu de purifier les métaux vils, et de les transformer enmétaux parfaits, sont en même temps des médicaments universels(panacées) propres à guérir toutes les maladies, et même à rajeunirles vieillards : Est medicina lœlificans et in juventute conser-vans. Ces panacées étaient eu général des teintures d’or ou d’ar-gent.
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RHASES.
(Né en 860, mort en 940 ).
Uhasès {Aboubekr Mohammed ben Zacharia ), originaire deRai en l’erse, passa une partie de sa jeunesse à cultiver les beaux-arts, et surtout la musique, pour laquelle il montra une grande ap-titude. Ce ne fut qu’à l àge de trente ans qu’il commença à étudierles sciences, comme la philosophie, la médecine et la chimie. Grâceà ses talents, il parvint bientôt à une grande célébrité, et fut nommémédecin en chef du grand hôpital de Bagdad ; ce qui lui donnal’occasion d’agrandir la somme de ses connaissances. Il visita l’A-frique et l’Espagne . Atteint d’une cataracte, il se refusa à êtreopéré, parce que le chirurgien qui devait faire l’opération ne sa-vait lui répondre à la question : Combien l’œil a-t-il de membranes?
Il mourut aveugle, à l’àge de quatre-vingts ans.
Gmelin , dans son Histoire de la chimie, ne dit pas un mot desouvrages chimiques de Rhasès, qui se trouvent dans la collectiondes manuscrits de la Bibliothèque royale (t) :
Liber Raxis qui dicitur lumen luminum magnum ( 2 ).
L’auteur parle, dans ce petit traité, eu termes obscurs et ambi-
(1) D’après Abou Oliaiali, il composa 226 volumes, dont la plupart sont per-dus; quelques-uns ont été traduits de l’arabe en hébreu et en latiu.
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