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DEUXIEME ÉPOQUE.
Après YOpus majus , un des ouvrages les plus remarquables eteu même temps les plus authentiques de R. Bacon, c’est YÉpitrc surles œuvres secrets de l’art et de la nature, ainsi que sur la nul-lité de la magie (l).
Les propositions qui s’y trouvent devaient paraître bien étranges àl’époque où elles furent émises. L’auteur est en opposition flagranteavec l’esprit général de son temps : c'est un anachronisme vivant.
« l,e monde, dit-il, est rempli de prestidigitateurs qui trompent lepublic en lui faisant croire ce qui n’est pas. Les ventriloques ( vovumvarietateni in ventre Jingentes) imitent des sons de voix éloignées,et font semblant de converser avec les esprits. D’autres, par l’adressede certains tours de mains, étonnent les badauds. .Malheureusementl’homme est toujours disposé à croire ce qui semble surnaturel, etil ne se donne pas la peine de scruter et d’interroger la nature àl’aide de sa raison. »
Roger Bacon a passé jusqu’ici pour le premier auteur qui aitfait mention de la poudre à canon. J'ai fait voir que Marcus Civtcusl'avait depuis longtemps décrite en termes plus explicites (2) que nele sont les passages suivants de Roger Bacon :
« Nous pouv ons, avec le salpêtre et d’autres substances, composerartificiellement un feu susceptible d'être lancé à toute distance. Onpeut aussi parfaitement imiter la lumière de l’éclair et le bruit dutonnerre, l! suffit d’employer une très-petite quantité de cette ma-tière pour produire beaucoup de lumière, accompagnée d’un horri-ble fracas : ce mo; en permet de détruire une v ille ou une armée (3).
« Pour produire les phénomènes de l’éclair et du tonnerre, il fautprendre du salpêtre, du soufre, et Lu ni Yopo Yir Can ttriet (4). »
Le troisième ingrédient, que Bacon ne nomme pas, est évidem-ment le charbon. Aussi quelques savants ont-ils cru lire dans cesmots cabalistiques l’anagramme exprimant une proportion decharbon pulvérisé.
L’auteur répète à peu près la même chose dans son O pus ma-
(1) Epislola fratris Rog. Bacouis, De secrelis operibus artis et natura- et mil-litate iiiagiæ. Opéra Joli. Dee Loiulineiisis, e pliiribus exemplaribus castigata ;Hainburg., IG18, 12... (80 pages.) Mangel., liibl. cliiiii., t. i, 010.
(2) Yov. p. 287.
(3) De secretis operibus , etc., p. 42 et 43.
(4) Ibid., p. 09. Sert tamen salis petr.e I.uru Yopo Yir Can Utriet sulfuris ;et sic faciès tonitrum et € 01131503110116111 , si scias artiticium.