DEUXIÈME ÉPOQUE.
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Rosarius philosophantm (i).
Le Rosaire des philosophes, qui passe pour un des principauxouvrages d’Arnaud de Villeneuve , est plein de divagations écritesdans le même style que les deux traités que nous venons de citer.
« Le mercure est composé d’une terre blanche, subtile, sulfu-reuse, et d’une eau claire et limpide. La solidification parfaite et latransformation des métaux s’opèrent par l’action de la chaleur,aidée du travail de la nature pendant mille ans (2).
« Les extrêmes ne se touchent que par un intermédiaire. La terrene se convertit pas en air, à moins d’avoir passé préalablement parle milieu de l'eau. L’air et l'eau sont les éléments moyens; le fer et laterre sont les éléments extrêmes. L'eau est froide et humide ; le feuest chaud et sec ; la terre, froide et sèche; l'air, chaud et humide.C’est ainsi que l’eau et l’air s’unissent dans l'humidité ; le feu et laterre, dans la sécheresse. »
Sur la préparation de l’élixir. « Prenez trois parties de li-maille d’argent pur ; triturez-la avec une fois autant de mercure,jusqu’à ce qu’il en résulte une matière péteuse comme du beurre(amalgame) ; faites-la digérer dans un mélange de vinaigre et desel commun, et soumettez le tout à la sublimation (3). »
Arnaud de Villeneuve parle, dans son Rosaire, d’un soufre rour/efixé aux parois de la chambre dans laquelle on vaporise de la minede soufre ordinaire (i). Serait-ce le sélénium ?
Il termine le Rosaire : « Cache ce livre dans ton sein ; ne le révèleà personne, et ne le mets point entre les mains des impies; car ilrenferme le secret des secrets de tous les philosophes. 11 ne fautpoint jeter cette perle aux porcs, car c'est un don de Dieu . »
La dernière phrase fut, plus tard, adoptée par les Rose-Croix comme la devise de leur société, qui avait autant de secrets à ca-cher que le Rosaire d’Arnaud de Villeneuve .
(1) Arnoldi de Villan. Opéra, etc. — Artis auriferæ, etc., 2 vol. ; Basil., 1 G 10 .— Manget., Bibliotli. chemic., t. i.
(2) Opéra omnia, etc., p 296.
(3) Il se produit dans cette opération du chlorure de mercure (décompositionde l’acétate par le chlorure de sodium), qui jouait un grand rôle dans la trans-mutation des métaux.
(4) Opéra omnia; I.ugd., 1532, p. 299.