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HISTOIKK DK LA f.HIMIF.
Ce traité est dédié au pape Clément V .
« Il y a, dit l’auteur, plusieurs espèces de maléfices, dont les unssont commis avec des substances tirées du règne animal ou végétal,et les autres avec des matières animales. Ainsi, pour rendre unmari impuissant, on place sous son lit des testicules de coq, oubien on trace sur le lit certains caractères, non plus avec de l’encreordinaire, mais avec le sang d’une chauve-souris. Il y en a quicommettent des maléfices avec des métaux, comme le plomb et le1er, ou avec des aiguilles qui ont servi à coudre des linceuls. »
Voici les moyens qu’il prescrit pour chasser le démon et détruirel’effet d’un charme. Ces moyens sont dignes du siècle où vivaitArnaud de Villeneuve :
« On asperge la maison avec la bile d'un chien noir ou avec celled’un poisson, qu’on brûle sur des charbons ardents : la fumée quis’en élève chasse le démon. Le cœur d'un vautour rend l'hommequi le porte aimable auprès des femmes (ynUiosum mutieribus).Le millepertuis chasse le démon de la maison dans laquelle on leconserve (t). La racine de bryone qu'on porte sur soi chasse tousles maléfices. »
Dans le même chapitre l’auteur enseigne le moyen d'avoir desenfants, moyen alors pris très au sérieux, et dont les détails ca-ractérisent parfaitement l’esprit mystique et superstitieux du moyenâge, l'âge d'or des alchimistes :
« I.e mari ira un vendredi, un samedi ou un dimanche, avantle lever du soleil, se placer devant une ronce qui figure la sainteVierge. I.e mari la saluera, il récitera trois Pater, et fera sur laronce trois fois le signe de la croix, au nom du Père, du Fils et duSaint-Esprit. Après cela, il cueillera trois poignées de feuilles, deHeurs ou de fruits de la ronce, et, de retour à la maison, il se ren-fermera, avec son épouse, dans la chambre conjugale, où se trou-vera un brasier de charbons ardents. Chacun adressera des prièresà Dieu . Cela fait, on jettera les feuilles, les Heurs ou les fruits dela ronce au feu. Et, pendant que le charbon se remplit de fumée,les deux époux se signeront, et accompliront l’œuvre de la repro-duction. »
Ceux qui croyaient à ces miracles (et tout le monde y croyait)devaient nécessairement croire à l’alchimie.
Tout cela nous fait sans doute rire : mais qui nous garantit que
(1) C’est ce qui avait fait appeler le millepertuis ftiga dœmonum .