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DEUXIÈME ÉrOQCE.
nos descendants n’en feront pas un jour autant de bien des chosesqui nous paraissent aujourd’hui tort peu risibles?
De Venenis (1).
Ce qu’Arnaud de Villeneuve nous apprend sur les poisons setrouve déjà, en grande partie, dans Pline, Dioscorideet Galien.
Après avoir parlé des animaux venimeux, parmi lesquels ilnomme la vipère, le scorpion, le crocodile, le dragon marin, ilarrive aux poisons végétaux. Il rappelle l’action stupéfiante des dif-férentes espèces de jusquiame (2), eu la comparant à celle de l'o-pium.
Parmi les poisons minéraux, il cite l'orpiment (sulfure d’arse-nic), la chaux vive, la eéruse, la litliarge, la vapeur mercurielle,et l’oxyde de mercure.
« L’orpiment produit l’excoriation des intestins ( excoriâtio in-test inoi uni). »
Pour constater cette lésion, qui est réelle, il fallait qu’Arnaudde Villeneuve eût affronté les préjugés de son temps, en ou\ rant descadavres.
Poisons septiques. Ces poisons, qu’il est si aisé de se procurer,ont donné lieu, surtout au moyen âge, à un très-grand nombre decas d’empoisonnement.
« Toute substance putréfiée, comme la chair, les ceuls, les pois-sons, est très-dangereuse (3). »
La chair d’une plaie de mauvaise nature, dont une petite quan-tité introduite dans l'estomac peut amener tous les accidents d'unefièvre putride, est, avec raison, citée par Arnaud de Villeneuvecomme un des poisons les plus redoutables.
Il décrit parfaitement les sjmptômes les plus marqués de l’em-poisonnement : anxiété précordiale, efforts pour vomir, douleurvive de l'estomac et des intestins, constrictions à la gorge, sueursfroides, face livide, pouls faible et inégal. — Il conseille de fairevomir sur-le-champ ( celeriter ad vomitum provocandum ), enprescrivant une décoction de menthe, du lait chaud, la titilla-tion du gosier au moyen d’une plume trempée dans l’huile.
(1) Opéra omnia/p. 612.
(2) Species hvosciami omnes stiipefactivre et mordicativæ.
(3) Quæcmnque putret'acta, — ut carnes, ova corrupta, perniciosa valde.