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Tome premier.
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DEUXIÈME ÉPOQUE. 43 f

(it connoistre à un médecin juif do nation, et lors chrestien, de-meurant au dit I eon, lequel estoit fort sqavant en seiencessublimes,appelé majstre ('.anches. Quand je lu y eus monstré les figures demon e.xtraict, ravi de grand estonnement et joie, il me demanejaincontinent si je syavois nouvelles du livre duquel elles estoienttirées. Je lui respomlis que javois esperanee d’en avoir de bonnesnouvelles, si quelqu’un me dechiffroit ces enigmes. Tout à l'instant,emporté de grande ardeur et jo>e, il c mmença de m'en deschif-frer le commencement. Or. pour n'estre long, luy tres-conteut d'ap-prendre des nouvelles où estoit ce livre, et moy de l'en ouïr parler,nous résolûmes ensemble nostre voyage, et de Leon passâmes àOviedo , et delà à Sanson, oii nous nous mismessur mer pour veniren Fiance . Nostre voyage avant été assez heureux, et desia depuisque nous estions entrés en ce royaume, il m'avoit très-véritable-ment interprété la plupart de mes ligures oùjusques mesmes auxpoints il trouvoit de grands mistercs, quand, arrivans à Orléans , cedocte homme tomba extrêmement malade, affligé de très-grandsvomissements qui luy estoient restez de ceux qu'il avoitsou Terts surla mer. —- Enfin il mourut sur la lin du septiesme jour de sa mala-die , dont je feus fort affligé ; au mieux que je peus, je le fis enter-rer en l’église Sainte-Croix a Orléans, où il repose encore. Dieu ave son ame, car il mourut bon chrestien. Et certes si je ne suisempesehé par la mort, je donnerai à ceste eglise quelques rentes,pour faire dire pour son ame tous les jours quelques messes.

• Qui voudra voir l’estât de mou arrivée et la joye de l’erre-nelle, qu'il nous contemple tous deux en cette ville de Paris , sur laporte de la chapelle Saint-Jacques de la Boucherie, du costé et toutauprès, de ma maison, où nous sommes peints, moy rendant grâcesaux pieds de monsieur saint Jacques de Gallice, et Perrenelle àceux de monsieur saint Jean, qu elle avoit si souvent invoqué. En-fin , apres les longues erreurs de trois ans ou environ, durant le-quel temps je uelisquesttidieret travailler, priant tousioursDieu,le chapelet en main, lisant tres-attcntiveinent dans un livre, et pe-sant les mots des philosophes, et essayant puis apres les diversesoperations que je mimaginois par leurs seuls mots. Finalement jetrouv ai' ce que je desirois, ce que je reconnus aussi tost par la sen-teur forte. Ayant cela, j'accomplis aisément le magistère : aussi sça-chant la préparation des premiers agens, suivant en apres à la let-tre mon livre, je n'eusse pu faillir, encore que je l'eusse voulu.

* Doue la première fois que je fis la projection, ce fust sur du mer-