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HISTOIRE 1)E U CHIMIE.
cure, dont j'en convertis deim livre mi environ en pur argent,meilleur que eeluy de la minière, comme j'av essavé et laict essayerpar plusieurs fois. Ce fust le 1" de janvier, unlundy, environ midv,en ma maison, présenté Perrcnelle seule, l'an de la restitution del’humain lignage 1382. Kt puis apres, en suivant tousiours de mot enmot mon livre, je la fis avec la pierre rouge, sur semblable qualitéde mercure, en presenee encore de Perrenelle seule, on la mesme mai-son, le ving-cinquiesmejour d'avril suivant de la mesme année,sur les cinq heures du soir, que je transmuay véritablement enquasi autant de pur or, meilleur tres-certainement que l'or com-mun, plus doux et plus ployable. Je le peux dire avec vérité. Jel’ay parfaiete trois fois avec l ayde de Perrenelle, qui l'entendoitaussi bien que moy, pour m’avoir aydé aux operations; et sansdoute si elle eust voulu entreprendre de la parfaire seule, elle enserait venue about. J'en avoisbien assez, la faisant une seule fois;mais j’avois très grande délectation de voir et contempler dansles v aisseaux les œuv res admirables de la nature.
« J’eus crainte un long temps que Perrenelle ne peust cacher lajoye de la félicité extresme, que je mesurais par la mienne, et qu'ellene lasehast quelque parole à ses pareils des grands trésors que nouspossédions : car l'cxtreme joye oste ie sens, aussi bien que la grandetristesse. Mais la bonté du très-grand Pieu ne m'avoit comblé decette seule bénédiction, que de me donner une femme chaste etsage; elleestoit d’abondant non seulement capable de raison, maisaussi de parfaire ce qui estoit raisonnable, et plus discret te etsecretteque le commun des autres femmes. Surtout elle estoit fort devo-tieuse ; voilà pourquoy, se vovant sans esperance d’enfans et desiabien avant sur l'aage, elle commença tout de mesme que moy àpenser en Dieu et a vaquer aux œuvres de miséricorde. Lorsquej’escrivois ce commentaire, en l’an l-ii3, apres le trespas dénia fi-delle compagne, que je regretteray tous les jours de ma vie, elle etmoy avions desia fondé et renté quatorze hospitaux en cette ville deParis , basti tout de neuf trois chapelles, décoré de grands dons etbonnes rentes sept églises, avec plusieurs réparations en leurs eyme-tieres ; outre ce que nous avions laict à lîoloigne. qui n’est guieresmoins que ce que nous avons laict icy. Bastissant donc ces églises,evmetieres et hospitaux en eetle ville . je me résolus de faire pein-dre en la quatriesme arche du cymetiere des lnnocens, entrant parla grande porte de la rue Saint-Denys, et prenant la main droiete,les plus vraves et essentielles marques de Part, soubs neantmoins