Band 
Tome premier.
Seite
478
JPEG-Download
 

478

HISTOIRE DE LA CHIMIE.

faisant connaître les mesures administratives prises, au moyen âge,pour entretenir la santé publique. Ces mesures peuvent être diviséesen trois catégories: 1° celles qui ont pour objet lu salubrité del’air; 2° celles qui concernent la pureté de l’eau; 3° enfin cellesqui ont trait à la bonté des aliments et des remèdes. Cette classi-fication, qui nous parait assez rationnelle, est déjà établie dans lesrecueils d'anciennes lois et ordonnances.

Rappelons d’abord que presque toutes les dispositions sanitaires ;du moyen âge, que nous allons faire connaître, nés’primitivement qu’a lu ville de Paris .

J

I. Salubrité de l’air.— Ce point si important d’hygiène publique \avait de tout temps attiré la sollicitude d’une administration sage |et consciencieuse. Il existe des ordonnances du xiv e siècle, qui jprescrivent des pratiques qui sont encore aujourd'hui en usage.Trois règlements du prévôt de Paris il juillet 1371, 1!) juillet13!)2, 27 juin 1397) portent que chaque citoyen est tenu de v erser,dans les temps d’excessive chaleur, plusieurs seaux d’eau devant saporte, pour tempérer l’air; (pie ceux qui ne satisferaient pas à cetordre seraient punis de soixante sous d’amende. Il est égalementdéfendu de brûler de la paille dans les temps des chaleurs, ou debrûler, en quelque saison que ce soit, des fumiers, des ordures,des herbes, ou autres choses qui puissent infecter l’air.

Le pavage des rues, dont l’origine remonte au \u e siècle, futinventé pour une mesure purement sanitaire, s’il faut en croire lemédecin et historiographe de Philippe-Auguste .

« La puanteur, dit Rigord (1 ita Phi/ipp. Aug.) qui s’élevait desboues et des immondices de Paris était insupportable; elle pénétraitjusque dans l’intérieur du palais de nos rois, et le rendait presqueinhabitable. Le roi, ajoute-t-il, prit la résolution de remédier à unmal aussi dangereux ; et, sans s'arrêter à la difficulté de l’entreprise,qui avait rebuté tous ses prédécesseurs, il donna, en 1148, l’ordreau prévôt de Paris de faire paver toutes les rues et les places publi-ques de la ville, pour en faciliter le nettoiement ; et, en rendant laville plus saine et plus habitable, il lit en même temps changer sonancien nom de Lutèce , de luturn, boue, en celui de Paris , qu'elleporte aujourd'hui (t). »

(1) Lutetia enim a luti fodore prias dicta fuerat; sic centiles quidem luijus-modi nomen propter foetorein atiliorrentes Parisios vocaverunt anno 1 l is.