DEUXIEME EPOQUE. 479
Pour contribuer à l'assainissement de la ville de Paris , et pourprévenir l'infection de l'air, une ordonnance de saint Ixmis ord. duvendredi après la Toussaint, 1291 ) défendit « de nourrir aucunsporcs au dedans des murs de Paris . «
Le prévôt de Paris, par une ordonnance du samedi apres la Chan-deleur 1948, et par une autre ordonnance du 30 janvier I3ô0, faitdéfense « de nourrir dans la ville aucuns pourceaux, à peine desoixante sous d'amende, enjoignant aux sergents de les tuer où ilsles trouveraient; ordonne qu'ils en auraient la teste pour leur salaire,et que le reste du corps serait porté à l llostel-bieu, à la charge d’enpayer le port (i). »
(.hurles V, par des lettres patentes du 29 août 1308, défendit ex-pressément à toutes personnes de nourrir des pigeons dans la ville,faubourgs et banlieue de Paris . Les oies seules av aient trouvé grâce,sur une requête présentée par les maîtres poulaillers au prévôt deParis (2).
Mais on tenait à éloigner de la ville non-seulement des animaux,mais encore certaines professions dont l’exercice était considérécomme pouvant corrompre l’air. Nous citerons à cet égard une or-donnance du prévôt de Paris , en date du 4 novembre l ise :
« A tous ceux qui ces présentes lettres v erront, Jacques d'Kstoute-v ille, etc. — Pour obv ier à ce qui pour la conservation de la chosepublique estoit besoin de garder au mieux qu'il serait possible detenir, qu’en ladite ville il n’y eust aucunes infections, ne que enicelle ne fusl exercée chose dont infections poussent venir ne pro-céder. ■ — Ici l’ordonnance entre dans les détails des professionsdéfendues : — « Pour faire pots de terre, convenoit que la terre fustargillée; et avant qu’elle fust mise en oeuvre, falloit qu’elle fust toutepourrie et détrempée par long espace de temps en caves corrompues;et à celte eause. quand la dite terre estoit mise en estât et disposition
(1) Delà Marre, Traité de police, etc., t. i, in-fol., p. 539.
(2) Traité de police, t. i, p. 539. « I.es oyes estoient en ce teins d'un.si grandusage à Paris , que les rostissenrs ne faisoient presque point alors d’autre débit;c’est de là qu’ils se trouvent nommés dans les anciennes ordonnances oyer.s etnon rostissenrs, et que le quartier où ils demeuroient en plus grand nombre pritle nom de rue aux Oyers, que l'on nomme aujourd'hui, par corruption, rue auxOurs. Plusieurs pauvres gens des faubourgs ou des extrémités de la ville éle-voient de ces volailles, et en faisoient commerce, sous le titre de poulaillers.Ils donnèrent leur requeste au prévostde Paris , pour avoir la liberté de conti-nuer leur commerce dans ces lieux exposés au grand air. «