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montrait que les Mexicains n'élaient pas une nation sauvage, etque la culture des arts ne leur était pas étrangère.
On remarquait parmi ces présents des miroirs faits «d'un cer-tain métal très-beau, qui reluit comme de l'argent » (platine?), deforme arrondie et encadrés d’or ; — de petites pierres d'or repré-sentant des grenouilles et d'autres animaux ; — des médailles gran-des et petites, dont le travail et la rareté valaient plus que l'or etl'argent dont elles étaient faites ; — deux roues de la dimensiondune roue de carrosse ordinaire, l'une d'or, dans laquelle étaitliguré le soleil avec des rayons, des feuillages et des animaux;l’autre d’argent, représentant la lune (l) ; — un casque de lamesd'or, avec des sonnettes attachées autour de la cime du casque ; —-des panaches de diverses plumes, au bout desquelles pendaient desmailles d'or; — des armures d’or et d'argent, enjolivées de plumeset fixées sur du cuir fort bien corroyé ; — des chasse-mouches deplumes très-riches ; — des escarpins cl des sandales de cuir cousuavec du fil d’or ; — des tissus de coton d’une finesse extrême, etc. (2 .
Toute l’histoire de la civilisation industrielle des Mexicains seretrouve dans ces présents donnés à Coï tez.
La magnificence du temple de Mexico , et le palais de Montezuma,témoignent également d'une civilisation assez avancée.
Au nombre des questions que Coï tez fit à Montezuma, devait setrouver naturellement celle de savoir de quel endroit le roi tire sonor ; car c’était surtout là le but de son entreprise. Montezuma réponditqu’il y avait de l'or dans trois endroits ; que celui où l'on en tire leplus était situé dans une province appelée Zacalula, au midi, à dixou douze journées de Mexico ; que, près de là, il y avait une autreprovince, nommée Chiuanthlà, également riche en or; et qu'enlinil en trouverait chez les Zapotecas.
Montezuma avait donné de riches présents, dans l'intention de sedébarrasser de ses hôtes aussi incommodes qu'inattendus. C’est ainsiqu’en avaient usé les faibles princes du Bas-Empire à l’égard des Bul-gares, des Eselavonset des Huns. Mais partout la vue de l'or ne faitqu exciter davantage la cupidité de l’homme, comme la vue du sang,loin d’apaiser le tigre, ne le rend que plus furieux. La conquête du
(1) I.’idée de représenter symboliquement le soleil par l’or, et la lune par l’ar-gent , n’est pas seulement propre aux alchimistes; elle se retrouve en quelquesorte à toutes les époques et dans tous Us pays.
(2) Herrera, etc., p. 491.