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Tome deuxieme.
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HISTOIRE DE LA CHIMIE.

vent : ces fourneaux étaient appelés gagras. Le minerai était fonduavec une matière métallique, nommée par les Indiens soroche, qui,d'après ce qu’en dit Acosta, n'était autre chose que du plomb. C’estdonc la coupellation qu'employaient les Indiens pour affiner l’ar-gent.

Un quiutal de minerai riche donnait d’ordinaire 30, 10 et même50 peu d'argent. Le minerai pauvre ne rendait environ que6 2 >rsi. Il y avait à Potosi une grande quantité de ces mineraispauvres, dont on ne faisait aucun cas, et que l'on rejetait avecles scories, jusqu’au moment où l’on adopta le procédé par amal-gamation, qui avait été employé au Mexique dès l'année 1560.

Acosta nous apprend que, pendant le gouvernement de donFrancesco de Tolède, il arriva au Pérou un homme qui avait étélongtemps au Mexique , et qui avait remarqué qu’on extrayait l'ar-gent au moyen du mercure : c'était Pcro Fernandez de Yelasco (l).11 s’offrit à traiter, par le même procédé, les mines de Potosi ; ce quieut lieu en 1571. Comme si tout devait contribuer à la prospéritéde ces mines et à la réussite du nouveau procédé, on venait dedécouvrir les riches mines de cinabre de Guam-avilea, et l’on pou-vait se dispenser de faire venir le mercure de l’Espagne . U se con-sommait annuellement environ sept mille quintaux de mercuredans les mines de Potosi .

Voici comment Acosta a vu lui-mème exécuter ce procédé : onpile le minerai de manière à le réduire en une poudre très-fineque l’on jette dans des espèces d'auges de cuivre. On y ajoute undixième de sel commun, « afin que le métal se débarrasse de la terreet de ses ordures ; * puis on y fait tomber une pluie de mercure, enremuant constamment le mélange. Lorsque l’argent est bien im-prégné de mercure et que l'amalgame est bien formé, on le faitchauffer légèrement dans des fours à une faible température ; aprèscela, on met le tout dans des vaisseaux pleins d’eau qui, étant tournéset agités par des roues, laissent déposer l’amalgame qui se séparedes impuretés ; on le la\e une seconde fois dans des cuves pleinesd’eau ; enfin ou le comprime dans un linge ou dans une peau ; lemercure sort par les pores, et l’argent reste à peu près pur_Pour

(1) L’auteur de ce procédé, découvert eu 1557, parait avoir été un mineur dePacucha ! Mexique ), nommé Bai tholomo de Médina. Voy. Alex de Humboldl,sur l'amalgamation (les minerais d’argent usités au Me.riijue, Annales deChimie, vol. i.xxM,p. 201-225.