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Tome deuxieme.
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HISTOIRE 1>K I.A CHIMIE.

mettre cuire lesdites espreuves dedans aucuns do leurs vaisseaux ;ce qu’ils faisoyeut volontiers. Mais quand ils auoyent cuit leurfournée, et qu’ils venoyent à tirer mes espreuves, je n'en reeeuoisque honte et perte, parce qu’il ne se trouuoit rien de bon, à causeque le l’eu desdits potiers n'estoit assez chaud. •

Après cet insuccès, qui ne devait pas être le dernier, il prit quel-que temps de relâche. Il lit, pendant cet intervalle, partie de lacommission envoyée par le roi pour lever les plans des marais sa-lants de la Saintonge . A peine ce travail fut-il achevé, que Palissyrecommença de plus belle ses expériences. Laissons-le parler lui-même :

Après que je me trouvay muny d’uu peu d’argent, je reprins en-cores l'affection de poursuyure a la suite desdits esmaux ; et \ oyantque je n’auois pu rien faire dans mes fourneaux ny à ceux despotiers susdits, je rompis environ trois douzaines de pots de terretout neufs; et ayant broyé grande quantité de diverses matières, jeeouuray tous les lopins desdits pots desdites drogues couchées a\ ec lepinceau. Ayant ce fait, je prins toutes ces pièces et les portay a uneverrerie, afin de voir si mes matières se pourroyent trouver bonnesaux fours desdites verreries. Or, d’autant que les fourneaux sontplus chauds que ceux des potiers, ayant mis toutes mes espreu\esdans lesdils fourneaux, le lendemain que je les fis tirer, japperceuspartie de mes compositions qui auoyent commencé;! foudre ; quifut cause que je fus cncores dauantage encouragé de chercher l’es-mail blanc, pour lequel j’auois tant trauaillé. »

Mais le malheureux expérimentateur perdit encore plus de deuxans à aller et venir d’une verrerie à l’autre, sans obtenir de résultatsatisfaisant.

« Dieu voulut qu’ainsi je commençois à perdre courage, et que,pour le dernier coup, je m estois transporté à une verrerie, ayantavec moi un homme chargé de plus de trois cents sortes d'espreuves,il se trouva une desdites espreuves qui fut fondue dedahs, quatreheures après auoirestémiseau fourneau, laquelle espreuve se trouvablanche et polie ; de sorte qu elle me causa une joye telle, que jepensois estre deuenu nouvelle créature, et pensois deslors avoirune perfection entière de l’esmail blanc ; mais je fus fort esloignéde ma pensée.

«Je fus si grand beste en ces jours là, que soudain que j’eus fait le-dit blanc, qui estoit singulièrement beau, je me mis à faire des vais-seaux de terre, combien que jamais je n’eusse connu terre ; et ayant