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niSTOIRE DE IA CHIMIE.
Dans le Traité de l’oiseleur ( de Aucupio) (l), il indique ungrand nombre de moyens pour rendre les oiseaux malades ou lestuer. Il y en a surtout un qui, u cause de son action violente, avaitreçu le nom de poison de loup ( lupinum venenum ); il consisteen uu mélange de feuilles d'aconit tue-loup (Aconit, lycoctonum),d'if, de verre pilé, de chaux vive, d'arsenic jaune, d’amandesamères, et de quantité suffisante de miel pour faire des pilules de lagrosseur d'une aveline.
.Malheureusement, ces pilules pouvaient être administrées à deshommes aussi bien qu'à des loups.
butin , dans le liv re qui traite des expériences de médecine ( demedicis experimentis ■, l’auteur indique le moyen d’administrer unpoison pendant le sommeil. Ce moyen consiste à renfermer dansune boîte de plomb bien close un mélange de suc de ciguë, de se-mences écrasées de stramoine, de fruits de belladone et d’opium ; àlaisser ces substances fermenter pendant plusieurs jours dans cetteboite, et à ne l’ouvrir que sous les narines du dormeur (2).
On comprend qu’il peut y avoir, dans ce cas, non-seulement in-toxication par les molécules mêmes de ces poisons, mais encore as-phyxie par les gaz irrespirables développés pendant la fermentationdes sucs.
Après avoir constaté ces faits, il établit implicitement trois degrésdans l’action des poisons narcotiques, et surtout de ceux des soin-nées. Dans le 1degré, il y a narcotisation proprement dite; dans le2 e degré, aliénation momentanée (3); dans le 3 e degré, mort.
C’est donc en dépassant la dose narcotisante de ces substancesque l’on entre dans le royaume de la magie naturelle. Des metssaupoudrés de stramoine ou de racines de belladone font apparaîtreles visions les plus extraordinaires. Porta dit avoir vu des individusauxquels avaient été administrés de ces poisons, tomber dans leshallucinations les plus étranges : ils se croyaient tous métamorpho-sés en animaux ; les uns nageaient sur le sol comme des phoques;les autres, transformés en oies ou en bœufs, broutaient l’herbe, etc.
Ce charme n'a qu’une durée limitée; bientôt les facultés rentrentdans l’ordre accoutumé.
(1) Mag. nat., lib. xv, p. 244 (edit. Xeapol., 1589).
(2) Mag. nat. De mrd. expcrinient., lib. vin, p. 151
(3) Eanlem planta' qui»- soinmnn inducunt, si paulo plus propinentur, demen-tanl. Ibiil.