142
HISTOIRE DE LÀ C.UIM1E.
On y remarque, comme dans les écrits de Paracelse , ce touun peu tranchant qui dépasse quelquefois les bornes de la mo-destie, une tendance à la philosophie cabalistique et surnatu-relle, exprimée dans un langage qui est loin d'ètre toujours bienclair. Mais ces défauts sont rachetés par des découvertes et desobservations de la plus haute importance, dont nous allons faireconnaître un assez grand nombre.
11 est bon de rappeler que nous avons ici à apprécier, non pasle philosophe spiritualiste, mais l'homme qui le premier proclamala nécessité de l'emploi de la balance, instrument qui devait opérerune révolution complète dans la science.
Gaz (t . — >• Le charbon, et en général les corps qui ne se résol-vent pas immédiatement en eau, dégagent nécessairement v par lacombustion de l esprit sylvestre. Soixante-deux liv res de char-bon de chêne donnent nue livre de cendre. Les soixante et unelivi ■es qui restent ont servi à former l'esprit sylvestre. Cet esprit,inconnu jusqu ici, qui ne peut être contenu dans des vaisseauxni être réduit en un corps visible, je l'appelle d'un nouveaunom, yaz. Il y a des corps qui renferment cet esprit, et qui s’y ré-solvent presque entièrement ; il y est alors comme fixé ou solidifié.On le fait sortir de cet état par le ferment, comme cela s’obsenedans la fermentation du vin, du pain, de l'hydromel 2). »
Voilà bien ce que nous appelons aujourd'hui gaz acide carbo-nique. Lt ce qu'il y a de plus surprenant, c'est que Van-llelmontannonce formellement que le gaz produit par la combustion du
en 1651, à Venise ; et la troisième en 1052. Il v a, en outre, trois éditions îleFrancfort, 1661, 1081 et 1707. — Les ouvrages de Van-Helmont furent traduitsen français par le jointe, en 167o, in-à, en anglais (Londres , 1662, in-fol.), eten allemand (Sulzbacli, 1683, in-fol ).
(1) Le nom de gaz ou gas (orthographe de Yan-Helmont) dérive, par corrup-tion, de Gahst ( Geist ), qui signifie esprit. Suivant d'autres, il dérive de chaos,de h la s (souftle), ou de G aescht (écume).
(2) Orlits med., p. 66. Carbo et universaliter corpora quacunqiie immédiatenon abeunl in aqiiain , necessario éructant spiritum sglvestrem. Ex lui lihriscarbonis querni una libra cineris conllatnr. Ergo lxi libræ residme sunt ille spi-ritns svlvestris. Hune spiritum incognituin hactenus, novo nomine gas voco,qui nec vasis cogi, nee in corpus visibile reduci |>otest. Corpora vero continenthune spiritum et quandoque tota in ejusmodi spiritum, abscedunt; — est spiri-tus concretus et corporis more coagulatus, excitalurque acquisito fermento, utin vino, pane, hydromele, etc.