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Tome deuxieme.
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UISTOIRK 1>F. LA CHIMIE.

1 X.

C est ici que nous rappellerons une expérience très-remarquablede Yan-Helmont, qui lut depuis répétée par tous les chimistes :

« Placez une chaudelle'sur le fond d’une cuvette; versez dans cettecuvette de l’eau de deux à trois doigts de haut ; recouvrez lachandelle, dont un bout est hors de l’eau, d'une cloche de verrerenversée. Vous verrez bientôt l’eau, comme par une espèce desuccion, s'élever dans la cloche et prendre la place de l’air dimi-nué, et la' flamme s’éteindre ( Videbis mox — aquam quadam suc-cione sursutn trahi et ascendere in vitrum loco aeris diminuti,flammam suffocari) (l). »

La conclusion que l’auteur tire de cette expérience est qu’il peutse produire un vide dans la nature, mais que ce vide est immédia-tement rempli par un autre corps. Il ne dit pas si la flamme en-lève à l’air un gaz oxygène), et que ce gaz en soit l’aliment.

Au gaz sylvestre, résultat de la fermentation et de la combustiondu charbon, il faut ajouter le gaz du sel, dont Yan-Helmont avaitégalement connaissance. Ce gaz n’est autre que l’acide chlorhydri-que. Il était préparé eu mettant dans une cornue un mélange d’acide(eau forte) et de sel marin ou de sel ammoniac. « 11 se produit, ditl’auteur, même à froid, un gaz dont le dégagement fait romprele x aisseau (2). »

Que de vaisseaux brisés avant que l’on parvînt à recueillir lesfluides élastiques! — Yan-IIelmont n’ignorait pas que les accidentsd’explosion qui arrivaient alors si fréquemment dans les labora-toires sont en grande partie dus aux corps en question. Aussi nousdit-il ingénieusement que le gaz nous explique le mieux l’action dela poudre à canon (3b

IJ démontre expérimentalement que le gaz très-odorant (qu’ilappelle également gaz sylvestre) produit par le soufre en combus-tion éteint la llamme. Il connaissait aussi le gaz nitreux, et l’ob-tenait en traitant l’argent par l’eau-forte [dum chrysulca argentumsolvit, eructatur spiritus sylvestris) (4). Il avait même entrevu laproduction de l’oxygène ou du protoxyde d’azote par la combus-tion du nitre.

(1) Ort. med. ( Vacuum naturœ), p. 84.

(2) Ibid., p. 68. Mox etiam in frigore gas excitatur et vas, utut forte, desilitcum fragore.

(3) Ibid., p. 67. Historiam enim gas exprimit proxime pulvis tormentarius.

(4) Ibid. ( DeJlatibus), p. 424.