TROISIEME EPOQUE.
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Si Vau-IIelniont n’a pas été assez heureux pour recueillir et étu-dier tous ces gaz isolément, personne ne saura lui contester l’im-mense mérite d’en avoir le premier signalé l'existence.
Il est curieux de suivre ce grand observateur dans les détailsconcernant la question importante de la composition des gaz. Iciencore il essaye de procéder par la voie expérimentale, et il s’arrêtetout d’abord à la composition du gaz de charbon (gas carbo-nis , acide carbonique). Il soutient que, matériellement considéré,ce gaz n’est autre chose que de l'eau (non nisi niera aqua maté-rialité r) ; et il s’appuie sur l’expérience qu’en distillant du bois dechêne, il avait obtenu, à la place du gaz, un liquide incolore etlimpide comme l’eau (t).
On voit que l'erreur de Yan-Helmont provient de ce qu’il con-fond la distillation avec la combustion. Et cette erreur était inévi-table à une époque où l’oxygène n était pas encore découvert, etoù l’on ignorait l’action permanente qu’exerce ce gaz sur tous lescorps, soit pendant leur combustion, soit par leur exposition àl’air.
Ne serait-il pas possible que nombre de conclusions que nous ti-rons aujourd'hui de nos expériences fussent entachées d’erreur, parcela même que nous sautons un ou plusieurs anneaux de la grandechaîne qui doit lier ensemble tous les faits de la science ; en d'autrestermes, parce que nous ignorons encore les découvertes capablesde changer ou de modifier profondément et nos expériences et nosconclusions? Trop préoccupés du présent, nous oublions l’avenir.Dans son orgueil, l’homme crée des systèmes, pose des règles ab-solues, pense et agit comme si le monde devait finir avec lui. C’estlà l'origine de presque toutes les erreurs que signale 1 histoire dessciences et de l'humanité.
Mais faisons connaître l’expérience de Van-IIclmont, destinée àprouver que le gaz du charbon n’est autre chose que de l’eau. Elleest intéressante sous le pointde vue philosophique, et propre à nousrendre extrêmement circonspects dans nos déductions.
Ayant fait voir que le bois donne, par la distillation, un corpsliquide et limpide comme de l’eau, il s’attache à démontrer queles plantes ne se nourrissent que d’eau.
«Je mis, dit-il, dans un vase d’argile deux cents livres de terre
(1) Ortus med., p. 68.
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