HISTOIRE DE LA CHIMIE.
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\égétale) séchée au four, et j'y plantai une tige de saule pesantcinq livres. Au bout de cinq ans, le saule ayant pris de l'accroisse-ment, pesait cent soixante-neuf livres et environ trois onces. Levase n'avait jamais été arrosé qu’avec de l’eau de pluie ou de l’eaudistillée, et toutes les fois qu'il était nécessaire. Le vase était largeet enfoui dans la terre ; et, afin de le mettre à l’abri de la pous-sière , je le recouvris de lames de fer étamées, percées d’ungrand nombre de trous. — Je n’ai point pesé les feuilles tombéespendant les quatre automnes précédents. — Enfin , je fis de nou-veau dessécher la terre du vase, et je lui trouvai le même poids queprimitivement (deux cents livres), moins deux onces environ. Donc,l'eau seule a suffi pour donner naissance à cent soixante-quatrelivres de bois, d’écorce et de racine (librœ ergo CLXIV ligni ,corlicum et radicum exsola nqua aurrexerunt) (i). «
Certes, voilà une expérience qui dépose d'une sagacité profondeet d'un esprit d’observation alors assez rare. La balance y jouedéjà un rôle important, bien _ ' ” soit encore fort éloignée dudegré de précision qu’elle devait atteindre plus tard. La conclusionde l’auteur entraînait la conviction de tous les savants de son épo-que ; on n’y trouvait rien à objecter. Et, abstraction faite de la lé-gère diminution de poids de la terre végétale que Van-Helmont au-rait dû expliquer par l'absoption des sels qui sc retrouvent dans lescendres, il aurait été en effet impossible d’y voir rien à redire. Au-cun contemporain ne pouvait (ce qui nous est permis aujourd'hui)reprocher à Van-Delmont d’avoir tiré de cette expérience une con-clusion erronée, en négligeant l’action de l'air dans la végétation;car un voile épais dérobait encore à la connaissance de l'hommel’oxygène, l’azote, l’acide carbonique de l’atmosphère, la respira-tion des plantes; c’était là autant de découvertes réservées à l’ave-nir. La conclusion de Van-Helmont , que nous venons de faireconnaître, est donc en quelque sorte une idée anticipée, et partantdéfectueuse, quoique en apparence fondée sur l’expérience.
Serions-nous, par hasard, exposés à tomber aujourd'hui dansdes erreurs tout aussi graves, qui pourraient être relevées un jourpar nos descendants, malgré l’autorité de l'expérience que nousinvoquons sans cesse? Connaissonsnous bien tous les agents qui
(i) nr/wt med., p. es