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HISTOIRE DE F,A CHIMIE.
« La chimie vulgaire n'est que de la routine; c’est une espèce derecueil d'expériences sans lien, sans ordre philosophique, et qui nerepose sur aucun principe solide (l).
» Pour construire l'édifice de la science, nous avons besoin dedeux instruments, l'intelligence et l'expérience. »
Boyle revient souvent à ces idées de la plus haute sagesse, etdont il serait bon de rafraîchir à toutes les époques la mémoiredes savants.
Il appelait philosophie naturelle la pratique des sciences appli-quées aux arts, à l’industrie, à l’agriculture, etc.
Il prouva expérimentalement que les sels jouent un grand rôledans les végétations, que la terre végétale est très-riche en selsalcalins, et que c’est de cette condition que dépend la fertilité dusol. L'importance de l'ammoniaque carbonatéc, qu’il préparait endistillant les cendres de bois avec l'extrait d'urine, ne lui avait paséchappé dans la question de l’engrais.
La conservation des fruits, des viandes, en un mot des matièresorganiques faciles à se corrompre, avait été de tout temps un sujetd’étude souvent controversé (2 . Iïo\ le ne pouvait manquer de s’enoccuper à sou tour; et il arriva à ce principe fécond, que tout cequi tend à détruire l’influence de l’air est le plus propre à conser-ver les matières organiques (3).
Pour savoir ce que lîoyle pensait de l’alchimie, il faut lire lestraités The excellence and <jrounds of the incchanical philoso-pha , et The orù/in of fonns and qualilies.
Nous savons déjà qu'il rejette la théorie d'après laquelle le mer-cure, le soufre et le sel sont les éléments des métaux, sinon detous les corps de la nature.
« Quel que soit, dit-il, le nombre des éléments, on démontrerapeut-être un jour qu'ils consistent dans des corpuscules insaisissa-bles, mais de forme et de grandeur déterminées, et que c’est del'arrangement et de la combinaison de ces corpuscules que résulteune multitude de composés complexes. Si nous construisons, avecdes briques de même dimension et de meme couleur, des ponts,des routes, des maisons, uniquement par un changement de dis-
(1) L'sefulness of pliiiosopliy, vol. I, p. 74.
(2) Voy. Histoire de la chimie, t. I, p. 20.1.
(3) L'sefuluess of philosophy, vol. I, p. 52.