Band 
Tome deuxieme.
Seite
174
JPEG-Download
 

174

HISTOIRE PE I.A CHIMIE.

Bovle est loin de combattre la possibilité de la transmutationdes métaux. Il admet, d'après le principe que nous venons de faireconnaître, que les métaux se composent d une matière universelle ,commune à tous les corps ; et qu’ils ne diffèrent entre eux que parle poids, la forme, la structure, etc.

Il essaye de prouver cette proposition par l'expérience suivante :« Je lis , dit-il, avec l'huile rectifiée du beurre d'antimoine (acidechlorhydrique' et l’esprit de nitre, un meustrue très-acide mens-trum peracultnn), propre à dissoudre les corpuscules de l'or; ensuiteje fis fondre une certaine quantité d’or avec 3 ou 4 fois son poids decui\ro; cet alliage fut dissous dans de l’eau-forte, de manière quetout l'or se déposa sous forme de poudre. Cette poudre, ayant été fon-due en un petit culot, fut traitée par une grande quantité de mens-trurn perdait uni, où elle se dissolvait lentement. Enfin, il resta aufond de la liqueur un dépôt considérable d’une poudre blanche,insoluble dans l’eau régale. Cette poudre, fondue avec du borax outout autre tlux convenable, donna naissance à un métal malléableet blanc comme de l’argent; enfin il fut établi, par sa dissolu-tion dans l’eau-forte, que c’ctait de l’argent véritable, (l) »

Cette exjiérience, dont le résultat parait fort sur prenant au pre-mier abord, s’explique parfaitement quand on se rappelle quel'antimoine dont le chlorure est ici employé pour la préparationdu menstnnn peracutum) est, ainsi que l’or, presque constam-ment argentifère. Les alchimistes, fascinés par le prestige du mer-veilleu.x, n'admettent pas cette explication. I.’expérience de Boyleouvre, selon eux, la voie qui doit conduire à la découverte de lapierre philosophale.

Le chapitre sur les couleurs experiments and observationsupon colours) contient des documents fort intéressants relatifs àla chimie , 2 ).

L'auteur est le premier qui ait proposé l'emploi du sirop de vio-lettes pour reconnaître si une substance est acide ou alcaline. « C'estlà, dit-il, un caractère constant, le sirop de violettes est rougi parles acides et verdi par les alcalis. »

Ce réactif devint depuis lors d’un usage univ ersel.

(1) Forms and qualifies, vol. 1, p. ‘260.

(2) Vol. II (PliilosopUical Works), p. 1-105.