TROISIÈME EPOQUE.
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Il s’assura, par do nombreuses expériences, que les sucs colorésdes végétaux prennent des teintes différentes sous l’intluence desacides et des alcalis. Il n'ignorait pas l'intervention de l'air dans ungrand nombre de phénomènes de coloration. « Beaucoup de cou-leurs, dit-il, sont instables ; elles changent, et prennent des nuancesdiverses; ce qui provient de linlluence de l’air. »
Le chlorure d'argent noircit au contact de la lumière. Boyle at-tribue ce phénomène à l'action de l’air.
L'action des acides et de certains sels métalliques sur les huilesessentielles avait particulièrement attiré son attention.
« Une très-petite quantité d'huile essentielle d'anis concrète donne,dit-il, avec 1 huile de vitriol une couleur rouge de sang. Le sucrede plomb (sous-acétate de plomb) communique à l'essence de té-rébenthine avec laquelle on l'a fait digérer, une teinte rouge.C’est probablement un bon remède (I). »
L’auteur termine le chapitre sur les couleurs , par cette ré-llexion modeste et sage : « Je n'essaye de bâtir aucune théorie surles observations et les expériences que je viens de communiquer;je laisse ce soin aux investigateurs à venir. »
Dans le remarquable travail où Boyle examine les causes mé-caniques des précipités (llte mechauical causes ojprécipitation),il fait un fréquent usage de la balance (2). Il attribue la formationdes précipités tout à la fois à l'action prépondérante de la pesan-teur et à la faiblesse du véhicule, qui ne peut plus maintenir lecorps ( qui se précipite ) eu dissolution.
Il remarque que le précipité pèse quelquefois plus que le corpsdissous; que, par exemple, le précipité blanc produit par le selmarin dans une dissolution d'argent faite avec l'eau-lorte, pesaitplus que l’argent dissous. Lucore un coup, et il aurait été près d’at-teindre la doctrine des équivalents.
Les anciens chimistes s adressaient souvent des questions que leschimistes modernes dédaignait, à tort sans doute, de soulever.
Pourquoi, se demandaient-ils, par exemple, l’eau-forte ne dis-sout-elle pas l'or, taudis qu'elle dissout l'argent?
C’est parce que, répondait Boyle, les pointes de l’acide ne pé-nètrent pas les pores de l’or, et qu elles pénètrent très-bien ceux del’argent.
, 1) Experimeiits and observations upou colours, vol. 11, p. 78.i,2) Vol. I (Pliilosophical works), p. 51S-52Ô.