Band 
Tome deuxieme.
Seite
176
JPEG-Download
 

176

1I1ST01HE DE LA CHIMIE.

Cette explication, quelque peu satisfaisante qu elle soit, sup-pose du moins un effort de bonne volonté. Aujourd'hui on ne sedonne même pas la peine de se demander pourquoi tel ou tel corpsest soluble dans tel acide, et insoluble dans tel autre. L’argentest soluble dans l’acide nitrique, l’or y est insoluble; et tout estdit. On ne demande pas pourquoi.

Boyle consacra plusieurs mémoires étendus sur le froid et lachaleur ( The mechanieul origin of heatandcohl (l); — Memoirsfor an experimental history of cold (2).

Le froid et la chaleur, qu’il considère, avec les anciens physi-ciens, comme deux phénomènes antagonistes, dépendraient despropriétés mécaniques et physiques des molécules qui composentles corps. Il n’ignorait, pas que le froid resserre, tandis que la cha-leur dilate les corps; et que c’est là-dessus qu’est fondée la théoriedes thermomètres.

Son travail sur le froid et la chaleur renferme de nombreusesexpériences faites avec divers mélanges frigorifiques. Il y estétabli que beaucoup de sels, mais surtout le nitre et le selammoniac, causent, étant dissous dans l’eau, un abaissementde température sensible au thermomètre. L’auteur lait, avec unmélange de sel commun eide neige, congeler de l'urine, de labière, des vins du lihin, de France , des huiles, etc.; et il ob-serve que l’on peut remplacer le sel par bien d’autres substances,comme le nitre, l’alun, le sel ammoniac, le vitriol et même lesucre.

Les moyens de produire une chaleur artificielle ne sont pasmoins variés. La chaux vive, humectée d’eau, est une expérienceconnue depuis longtemps. Les alchimistes savaient que le tartrecalciné ainsi que 1 huile de vitriol produisent, au contact d unepetite quantité d'eau, une élévation de température assez considé-rable. Mais ce qui était moins connu, c'est qu’un mélange de li-maille de fer et de soufre pulvérisé, humectés d’eau, donne égale-ment naissance à de la chaleur. Le mercure est dans le même cas aumoment où il s'amalgame avec l'or.

Boyle se plaignait de ce que les thermomètres alors en usage

(1) Vol. I ( Philosophical xvorks), p. 550-572.

(2) Ibid., p. 573-730.