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Tome deuxieme.
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TROISIEME El’OQCE.

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Eontraircment à l’esprit de la majorité des hommes de science,R. Fludd essaye, par la méthode expérimentale, de rattacher les phé-nomènes du monde ph\ siqoe à ceux du monde surnaturel. De là uneétrange confusion de la psychologie avec la phjsique, de l'histoirenaturelle avec la philosophie mystique. Voici comment il raisonne :

« L’àme qui anime le corps tend à s’élever, ainsi que la flamme,vers les hautes régions de l’air. C’est la son instinct et sa joie. Or,comment se fait-il que nous éprouvions une si grande fatigue, lors-que nous gravissons une. montagne? Ne suivons-nous pas la routequi plaît à l'àme? — C’est que le corps matériel, dont l’essence estde tendre, tout au rebours de l'aine, vers le centre de la terre,l’emporte de beaucoup, par sa masse, sur l'étincelle vivifiante quiest en nous. Il faut que l ame concentre toutes scs forces, pour éleveravec elle et faire obéir à son impulsion la lourde musse du corps quil'enchaîne (i).»

L'auteur ne s’en tient pas à ce simple raisonnement ; il a recoursà l'expérience si connue d une bougie allumée sous une clocherenversée sur une cuve d'eau ; l’eau monte dans la cloche par l’ac-tion de la flamme, qui Unit par s’éteindre.

La chimie doit, selon R. I'ludd, être fondée tout à la fois surl’expérience et sur la cabale.

« Le vrai alchimiste, dit l’auteur, imite la nature. En commen-çant son œuvre, il réduit d'abord la matière en parcelles, il labroie et la pulvérise;— c'est la fonction des dents. La matièreainsi divisée, il l’introduit par un long col dans la cornue; —ce col représente Fiesophage ; la cornue, l'estomac. Ensuite ilmouille la matière avant de la soumettre à l’action de la chaleur ;— comme la salive et le suc gastrique humectent les aliments ingé-rés dans l’estomac. Enfin, il ferme exactement l’appareil, et l'en-toure d une chaleur humide, égale et modérée, en le plaçant dansun bain-marie et dans du fumier de cheval ; — c’est ainsi quel’estomac est naturellement entouré parle foie, la rate,les intestins,qui le maintiennent dans une température égale. L'opération del’alchimiste est assimilée à la digestion •. les parties élaborées (chyle)sont mises à part et servent à alimenter le grand œuvre, taudis que

(1) De supernatiiiali, naturali, præternaturali et contranaturali mierocosmlHistoria, tom. Il ; Oppenheim, 1619, in-fol. Tract. I, lib. VII, p. 137.