TROISIÈME ÉFOQEE. 191
fin de ses jours. Le mépris qu’il avait pour l’espèce humaine luifaisait rechercher la solitude. Vieillard abreuvé de chagrins vraisou imaginaires, il fuyait le inonde, qui n’avait pour lui aucun at-trait. « Les hommes d aujourd'hui, s’écrie-t-ii, sont faux, méchantset traîtres; toutes les promesses sont violées ; chacun ne songe qu’àsoi, et agit contre toutes les lois divines et humaines. On rend lemal pour le bien, comme j’en ai fait la triste expérience. Souvent,quand je croyais avoir trouvé quelque aide, me promettant d’êtretidèle, j’avais lieu de m'en plaindre quelque temps après : à peinelui avais-je enseigné quelque procédé, qu’il s’enflait d’orgueil, s'ima-ginant aussitôt en savoir plus que moi-même, et cherchant toutessortes de prétextes pour me quitter. S’il ne pouvait se séparer de moipubliquement sans tbrfaire à son honneur, il s'esquivait clandesti-nement, ou il se comportait de manière à me forcer de le congédier.C’est à mes dépens que j’appris la vérité de ce vieux proverbe : Qui-conque veut que ses affaires se fassent bien, doit être soi-même tout àla fois maître et valet [Wer seine Sac/ien will gelhan haben recht,muss selbslen seyn Herr und Kncckl). — Si je n’ai pas fait dans cemonde tout le bien que j’aurais pu faire, c'est la perversité des hom-mes qui en a été la cause (l). »
Voilà les plaintes amères de toutes les âmes généreuses, et quitrouvent de l’écho dans tous les siècles.
Les premiers ouvrages de Glauber parurent vers la fin de cetteaffreuse guerre de trente ans, qui, au nom d’une religion quiordonne à tous les hommes de s’aimer comme frères, changeal’Allemagne en un épouvantable désert.
Il serait inutile d’énumérer tous les traités spéciaux (2) de cet au-teur, parmi lesquels nous nous contenterons de signaler Philoso-phische OEfen [Fourneaux philosophiques) ; — O pus minérale;— Pharmacopœa spagyrica; — Menstruum universale; — Ex-plicatio miraculi mundi;—Continuatio miraculi mundi ; —De natura suliutn ; — Trost der Seefahrenden ( Consolation desvoyageurs sur mer); - - Apologetische Schnjten (Écrits apologé-
(1) Glauberi Opéra eh y mica ; Fiancf., 1658, in-4°, p. 167-168.
(2) Voy. Gruelin, t. I, p. 644.