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Tome deuxieme.
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TROISIÈME ÉPOQEE. 193

Glauber avait alors vingt et un ans, et était, ainsi qu'il le dit lui-même, encore entièrement étranger à la chimie. Cependant le faitqu’il vient de rapporter ne lui sortit jamais de la mémoire. Un jouril eut l'idée d’essayer l’eau de sa fontaine de santé, pour voir si elletient réellement du salpêtre en dissolution, connue le disaient lesgens du pays. Dans ce but, il en fit évaporer un peu dans unecapsule, et il \it se former de beaux cristaux longs, qu’un obser-vateur superficiel « aurait pu, dit-il, confondre avec les cristauxdu salpêtre; ces cristaux ne fusent point dans le feu et n’ont pasles propriétés du nitre. » Glauber trouva, plus tard, que ce sel avaitla plus grande ressemblance avec celui qu’il obtenait artificielle-ment , en faisant dissoudre dans l’eau et cristalliser le résidu salin(crt/mt mortuum ) qui reste dans la cornue après la préparation del’esprit de sel ( acide chlorhydrique) (l).

Ce sel n’est autre que le sulfate de soude, que l'auteur nommaadmirable , sal admirabile : sans s’attribuer aucunement l'hon-neur de l’avoir le premier découvert ; car il soutient que son seladmirable est le même que le sal cnixum de Paracelse ( 2 ).

« Ce sel, dit-il, quand il est bien préparé, a l'aspect de l’eau con-gelée ; il forme des cristaux longs, bien transparents, qui fondentsur la langue comme de la glace. 11 n’est pas acre, et il a un goût desel particulier. Mis sur les charbons ardents, il ne décrépite pointcomme le sel de cuisine ordinaire ( nicht sprinyend ivie ein gemeinKochsalz), et ne brûle point comme le salpêtre. Il n’exhale aucuneodeur et supporte tout degré de chaleur. Comme il n’est point caus-tique, on peut l’employer avec avantage en médecine, tant exté-rieurement qu’intérieurement. 11 mondifie et cicatrise les plaiesrécentes sans les irriter : c’est un médicament précieux (3) , employéà l’intérieur. — Dissous dans de l’eau tiède et donné en lavement,il purge les intestins et tue les vers. Il peut aussi servir de fon-dant (4). »

(1) I.’esprit de sel était préparé le plus anciennement en soumettant à la distil-lation un mélange de sel marin et de vitriol de fer ou de cuivre ; ce dernier in-grédient fut plus tard remplacé par l’acide même du vitriol (acide sulfurique).Dans tous les cas, il reste au fond de la cornue du sulfate de soude ( sel de (dau-ber) parfaitement soluble dans l’eau.

(2) Opéra chym., etc., p. 492.

(3) Ibid., p. 49i.

(4) Ibid. (Philosophische Oefen ), p. 13.

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