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niSTOIKE DE LA CHIMIE.
Voilà l’histoire la plus complète qui ait été jusqu’alors laite de cesel. Ce u’est donc pas saus raison qu’il ait, même jusqu’à nos jours,conservé le nom de sel de Glauber .
L’esprit de sel (spiritus salis) était préparé en traitant, dans unappareil distillatoire, un mélange de sel commun et de vitriol oud’huile de vitriol. Glauber en connaissait la nature aériforme (ga-zeuse), puisqu’il fait observer qu’on ne l’obtient point à l'état li-quide, à moins de lui associer de l’eau ; c’est pourquoi il recom-mande de se servir de vitriol humide. Il ne parait pas ignorer que,dans cette réaction, c’est l’esprit de vitriol qui prend la place del’esprit de sel qui se dégage. Il prescrit expressément de le préparerdans des vaisseaux de verre, parce que l'acide attaque les vaisseauxmétalliques.
L’esprit de sel est vanté par l'auteur comme fort utile pour desusages culinaires, où il pourrait avantageusement rempla?er lemeilleur vinaigre et le jus de citron. « Pour apprêter, dit-il, unpoulet, des pigeons ou du veau à la sauce piquante, on les met dansde l’eau, dans du beurre et des épices ; puis on y ajoute la quantitéque l’on désire d’esprit de sel, selon le goût des personnes. On peutainsi amollir et rendre parfaitement mangeable la viande la pluscoriace, de la vache et de la vieille poule (1). »
Il le recommande en outre comme un excellent moyen de con-server les fruits, le vin, de coaguler le lait et d’attaquer les mine-rais.
Glauberdonne lenom de nitrum Jixum au produit alcalin résultantde la combustion du nitre avec la poussière de charbon, et ajouteque ce produit peut être employé en teinture pour communiquerà la cochenille (consinillium ) une couleur de pourpre foncée, la-quelle est ramenée à la teinte écarlate la plus vive par l'addition del’esprit de nitre. «Celui-ci, dit-il, colore aussi les cheveux, les on-gles, les plumes en jaune d’or ( goldjàrbhj ).» Il n'ignorait pasqu’une dissolution d’argent dans l’eau-forte ( nitrate d’argent ) teinten noir les matières organiques, telles que les plumes, les fourru-res, le bois, etc.'; que l’huile de vitriol se substitue facilement aux
( 1 ) Ibid. Philosophische Oe/en ( I" part., c. xiv), p, 29.