TROISIÈME ÉPOQUE. 195
acides du nitrc et du sel, qui sont très-volatiles ; qu'une solutiond’argent est d'abord précipitée par l'ammoniaque, puis qu'un excèsde celle-ci redissout le précipité (l).
(ilauber parait avoir, le premier, entrevu l’existence du chlore ;car il dit qu'en distillant l'esprit de sel sur des chaux métalliques( cadmie et rouille de fer), il obtenait « un esprit couleur de feu quipasse dans le récipient (geht wie Feuer liber ), et qui dissout lesmétaux et presque tous les minéraux. >. Il l’appelle huile ou espritde sel rectifié. « Avec ce produit, on peut, ajoute-t-il, faire de belleschoses en médecine, en alchimie et dans beaucoup d’arts. Lors-qu’on le fait quelque temps digérer avec de l’esprit-de-vin dé-phlegmé (concentré), on remarque qu'il se forme à la surface dela liqueur une espèce de couche huileuse, qui est l’huile de vin(oleum vint) , très-agréable, et un excellent cordial (2). »
Glauber retirait de la distillation des charbons de terre unehuile rouge de sang ( blulrofhes oleum) , qu’il recommande commefort utile dans le pansement des plaies anciennes (3).
Nul n’avait jusqu’ici montré autant de sagacité dans l'explicationdes phénomènes de composition et de décomposition des corps.On se rappelle que les anciens préparaient le beurre d'unlimoine ensoumettant à la distillation un mélange de sublimé corrosif et d'an-timoine naturel (sulfure d'antimoine). Ecoutons Glauber, qui expli-qua, il y a deux cents ans, tout ce qui se passe dans cette opéra-tion, aussi bien que le ferait aujourd’hui un professeur de chimie :
« Dès que le mercure sublimé (corrosif), môlé avec l’antimoine,éprouve l'action de la chaleur, l'esprit, qui est combiné avec lemercure, se porte de préférence sur l’antimoine, l’attaque enabandonnant le mercure, et forme une huile épaisse (beurre d’anti-moine) qui s’élève dans le récipient. Le beurre d’antimoine n’estdonc autre chose qu'une dissolution de régule d’antimoine (anti-moine métallique) dans de l’esprit de sel. Quant au soufre de l'an-timoine (naturel), il se combine ( conjungirt sich ) avec le mercure,et donne naissance à du cinabre qui s'attache au col de la cor-nue ; une partie du mercure se volatilise. Celui qui s'entend bien à
( 1 ) Pbilosoph. Oet., part. II, c. ix, p. 63.
(2) Ibid., part. 1, c. xxiv, p. 28.
(3) Ibid., part. II, c. xliv,
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