197
TROISIÈME ÉPOQUE.
Ce l'ait est très-probablement antérieur à mi autre entièremeutsemblable, décrit, comme nous l’avons vu, par Boyle, qui sembles’attribuer la découverte des verres colorés en rouge par l'or (i).Glauber avait déjà la réputation d'un chimiste distingué à l'époqueoii Boyle voyageait encore à l’étranger. Au reste, Libavius avaitobservé, vers la lin du xvi e siècle, que l’or était susceptible decolorer le verre en rouge 12), observation que Glauberet Boyleparaissaient également ignorer.
Glauber s’empressa aussitôt de tirer parti de ce que le hasardvenait de lui faire découvrir. C’est ici que se révèle toute l’ha-bileté de ce chimiste renommé à si juste titre. Au lieu de fairefoudre un mélange d’or ou d’un composé (sulfure) d’or avec lesmatières ordinairement si impures du verre, il proposa un procédéextrêmement ingénieux, et qui ferait honneur à un chimiste denotre époque. Ce procédé consiste à précipiter l’or de sa dissolutiondans l’eau régale par la liqueur des cailloux (liquor silicum) (3),et à faire fondre le précipité dans un creuset. « La couleur jaune seconvertit en une couleur de pourpre des plus belles (die uller-schoenste Purpurfarb). - Il ajoute que ce procédé pourra être ap-pliqué à tous les autres métaux (cuivre, fer, manganèse, etc.) pourla préparation des v erres colorés ou des pierres précieuses arti-ficielles (4).
Curieux de se rendre compte de tous les phénomènes qui se pré-sentaient à son examen, il se demande ce qui se passe chimique-ment lorsqu’on verse la liqueur des cailloux dans une solutiond’or. Voici, à cet égard, sou opinion qui rappelle exactementla loi de l’échange ou de la double décomposition : - L’eau ré-gale , qui tient l’or en dissolution, tue ( tôdet ' le sel de tartre(potasse) de la liqueur des cailloux (silicate de potasse) , de ma-nière à lui faire abandonner la silice; et, en échange, le sel detartre i potasse) paralyse l’action de l’eau régale de manière à lui fairelâcher l’or qu’elle avait dissous. Ainsi la silice et l’or sont tous deuxprivés de leurs dissolvants. Le précipité se compose donc à la fois