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Tome deuxieme.
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HISTOIRE DE LA CHIMIE.

donnait de l’air pendant que le récipient qui le contient est encorechaud. Pour réduire ces petits grains en morceaux, on les met dansune petite liugotiére de fer-blanc; et, ayant versé de l’eau sur cesgrains, on chauffe la liugotiére pour les faire fondre comme de lacire. Alors on verse de l’eau froide dessus, jusqu'à ce que la ma-tière du phosphore soit coagulée en un bâton dur qui ressemble àde la cire jaune. »

Voilà l’histoire détaillée de la découverte la plus importante quiait été faite en chimie au xvn e siècle. Elle soulève quelques pointslitigieux. Le procédé de Kunckel, que nous venons de faire connaî-tre , est exactement le même que celui que lîox le a donné commeétant de son imention ( 1 ). L’un avait été en Allemagne aussi mal-heureux auprès de Brand, que l’autre l’avait été en Angleterreauprès de Krafft, dans l’acquisition du secret de la préparation duphosphore. Guidés alors par leur propre sagacité, et travaillantà l'insu l’un de l’autre, ils arrivèrent simultanément au même ré-sultat. Cette coïncidence est presque aussi miraculeuse que celle desSeptante. Et si nous n’avions pas alfaire à des hommes aussi irré-prochables que lioyle et Kunckel, nous serions tentés de croire queBrand, l'inventeur, et Kralft, le colporteur du phosphore, n’étaientpas aussi discrets qu'on nous les a dépeints.

kunckel attaqua, comme Boyle, les théories des alchimistes a\ ccles armes de l'expérience et de la satire. Il regarde le mercure desmétaux et le soufre fixe comme des éléments imaginaires. * Moi,vieillard, qui me suis, dit-il, occupé de chimie pendant soixanteans, je n’ai pas encore pu découvrir ce que c’est que le su/furfixum , et comment il fait partie constitutive des métaux (2). »

11 raille avec esprit les alchimistes, qui ne s’entendent même pasentre eux, et qui appliquent souvent à un seul et même corps despropriétés et des noms différents; et il s'indigne de cette méthodedéplorable qui a si longtemps retardé les progrès de la science.

«Les anciens, dit-il ironiquement, ne s'accordent pas sur lesespèces de soufre. Le soufre de l'un n’est pas le soufre de l’autre,au grand préjudice de la science. A cela, ou me répond que chacunest bien libre de baptiser son enfant comme il l'entend. D'accord :vous pouvez même, si bon vous semble, appeler âne un bœuf,

(1) Voy. p. 182 et 183 de ce volume.

(2) Yollstaendiges laborat., p. 143 (4' édition).