TROISIÈME ÉPOQUE. 217
Angelns Sala est un observateur habile, probe, doué d’un sensdroit et d’un jugement exquis. Ennemi de l’orgueil, du charlata-nisme et de toutes les opinions exagérées, il apprécie à leur justevaleur le bon et le mauvais côté des écoles opposées des médico-chimistes et des médecins galénistes.
Sala a parfaitement justifié sa réputation par des ouvrages quiont été recueillis après sa mort et réunis en un volume, par F.Beyer, en 1 0-47 ( 1 ). On y remarque des traités fort intéressants surle sucre (Saccharologia), sur le tartre (Tartarologia), sur la distil-lation des essences, de l’eau-de-vie, etc. (llijdrelœologia) , surl’antimoine ( Anatomia antimonii), traités, dont nous allons faireconnaître les points les plus saillants :
Saccharologie. — La clarilication et l’affinage ( reafinatio) dusucre au moyen du blanc d’œuf et de la chaux, y sont exposés d’unemanière claire et simple. L’auteur s’attache à combattre et à dé-truire le préjugé si généralement répandu, que la chaux vive com-munique au sucre des qualités malfaisantes (2\ 11 avait connais-sance du produit acide de la distillation du sucre, et lui attribuaitla propriété de dissoudre les pierres calcaires (3).
Sala avait fort bien observé qu’une dissolution aqueuse de sucre,contenant un peu de levure de bière, donne au bout d’un certaintemps une quantité notable d’esprit-de-vin. — Personne n’ignoreaujourd’hui que c’est "un des caractères essentiels du sucre de setransformer en alcool, par suite de la fermentation. — Il n’est pasencore fait mention du corps aériforme (gaz acide carbonique} ir-respirable, qui s’échappe au moment de cette métamorphose. Quantau vinaigre, il était, selon l’opinion de l’auteur, un produit de l’al-tération de l’esprit-de-vin.
Tartarologie. — On y trouve indiquée la préparation de l’émc-tique ferrugineux, dans lequel le peroxyde de fer (Fe 1 2 O 3 4 ) rem-place, comme on sait, exactement l’oxyde d'antimoine (St 2 O 3 ) (4).
L’auteur parle de l’extraction du tartre non-seulement du vin,
(1) Angli Sala* Vicentini chymiatri candidissimi et arehiatri Megapolitaniopéra medieo-ehymiea quæ extant omnia; Francof., 1647, in-4.
(2) Pars I, c. 3, p. 152.
(3) Pars II, e. 1, p. 162.
(4) Sect. I, C. 8, p. 131.