Band 
Tome deuxieme.
Seite
220
JPEG-Download
 

220

HISTOIRE DE LA CHIMIE.

d’administrer les préparations antimoniales. « Quiconque, dit-il, aimesa santé, doit se tenir en garde contre ces médicaments. Indépendam-ment de l’arsenic qui s’y trouve naturellement, l’antimoine peut,en se combinant avec d’autres corps, acquérir des propriétés véné-neuses, de môme que le mercure, qui en lui-même n’est pas unpoison, peut le devenir à l’état de sublimé (l ). »

Enfin, en esprit sensé, il arrive à conclure que, dans l’em-ploi de l’antimoine, il est absolument nécessaire de prendre enconsidération et la qualité et la quantité du médicament anti-monié, en môme temps que le tempérament et la constitution dumalade, et l’espèce de maladie à laquelle on a affaire.

Après s’être élevé avec force contre les médecins, qui ignorenttout à la fois la pathologie et la chimie, il s’adresse aux alchi-mistes , qui prétendent retirer de l’antimoine un mercure particu-lier propre au grand œuvre. « Montrez-moi, leur dit-il, seulementune goutte de votre mercure merveilleux, et je vous croirai. Enattendant, je suis sourd à vos déclamations vides de sens. »

Indépendamment des sulfures et des oxydes simples d’antimoine,il avait, ainsi que nous l’avons déjà vu, connaissance de Yémé-tique. Il parle, en termes assez précis, d’un composé d’antimoineblanc (oxyde) et de crème de tartre. Mais comme il ne s’arrête passur ce composé, il est à présumer qu’on n’en avait pas encore faitusage eu médecine (2).

On n’ignorait pas que le vin dans lequel on laisse tremper duverre d’antimoine devient un vomitif ou un purgatif très-énergique,suivant la durée de l’immersion. Les vins du Rhin , si riches en tar-tre, étaient les plus propres à cela.

C’est à ce propos que Sala raconte l’histoire d’un Allemand usur-pant en même temps les fonctions de médecin et d'apothicaire, queles malades venaient voir de plusieurs lieues à la ronde, pour le con-sulterouplutôtpourlui emprunter son talisman, un morceau de verred’antimoine ; suivant que le malade avait besoin d’un médicamentplus ou moins actif, il laissait cette substance trois, quatre, cinqheures en contact avec le vin qu’il devait boire. Ce talisman avait,dans l’espace de quatre ans, circulé dans tous les pays d'alentour;

(1) Pars I, c. 3, p. 306.

(2) Parsl, c. 4, p. 321. — Antiinonium sic præcipitatum —bulliat in lixi-vio tartari, repetendo hoc opus toties usque dum lixivium milium amplius colo-rem assumai.