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Tome deuxieme.
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TROISIÈME ÉPOQUE. 357

A l’appui de ces raisonnements, Black fit l’expérience suivante,tout à fait décisive:

« Je pris, dit-il, 120 grains de magnésie commune ; je la calcinaidans un creuset, de manière à lui faire perdre 70 grains de sonpoids. Cette magnésie, ainsi calcinée, fut ensuite dissoute sanseffervescence dans une quantité suffisante d’acide vitriolique dilué,et la liqueur fut précipitée par une solution chaude d’alcali fixecommun (carbonate de potasse). Enfin, en pesant ce précipité,convenablement lavé et desséché, il fut aisé de me convaincre quela magnésie avait recouvré, à une légère différence près (excepl amere trijle ), la totalité du poids qu’elle avait perdu par la calcina-tion. Et ce précipité se comportait en tout comme la magnésie com-mune. »

Cette expérience le confirma dans l’idée que la magnésie reçoitune certaine quantité d’air de la part de l’alcali employé pour laprécipiter. Il expliqua ensuite parfaitement le double échange d’a-cide et de base, et conclut que la somme des forces qui tendent àunir l’alcali avec l’acide est plus grande que la somme de celles quitendent à unir la magnésie avec l’air en question (gaz acide carbo-nique).

Bientôt après, Black fit une expérience qui devait lui assurer lemérite de la découverte du gaz acide carbonique. Voici commentil la décrit : « Mettez un peu de sel alcalin ( carbonate de potasse ),ou de chaux, onde magnésie (carbonatées) dans un (lacon contenantun acide étendu ; fermez aussitôt l'ouverture du flacon avec unbouchon de liège, par lequel passe un tube de verre recourbé encol de cygne ( bent into a sivan-neck) ■ l’autre extrémité du tubeest ( d’après la méthode de Haies ) introduite dans un vase de verrerenversé, rempli d'eau et placé dans une cuvette de même liquide.N ous verrez aussitôt une vive effervescence et de nombreuses bullesélastiques traverser l’eau pour en gagner la surface, en déprimantla colonne du liquide. Ce n’est donc pas là une vapeur momenta-née qui s’échappe, mais un fluide élastique permanent, non con-densable par le froid. »

C’est à ce fluide élastique que Black donna le nom d 'air fixe oufixe (fixed air), qui fut, quelques années après, changé, par llerg-mann, en celui d’acide aérien, et enfin en celui de gaz acide car-bonique. Ce dernier nom a prévalu.

« Dans la même année 1757, continue Black, pendant laquellej’avais publié le premier rapport de mes expériences, j’avais dé-