2o6 traite complet
d’engrais , on accélère la végétation , et on an-ticipe sur Te moment où la floraison aurait natu-rellement lieu.
Faut-il la retarder ? Avec ce tact et cetteintelligence d’une pratique habituelle, on fait?jeûner l’arbre , on l’expose à une températurepeu favorable , et même un peu froide ; ,on nelui donne, en arrosemens, que ce qui est absolu-ment nécessaire pour l’empêcher de mourir. Levoilà bien retardé ; mais quelque tems après ,lorsque sa floraison devienL nécessaire, cet objetde rebut dev ient l’enfant chéri des soins et de lasollicitude de son maître ; on le dédommagedes privations auxquelles on l’avait condamné.11 commence à sourire à ces précautions. Placéde préférence dans une atmosphère favorable ,il senl renaître ses forces , et avec elles l’assu-rance de s’embellir , et de l’emporter à son toursur ses rivaux. Des bourgeons naissent et s’éten-dent ; de jeunes feuiHes paraissent ; les bou-tons à fleur sortent, s’enflent et semblent at-tendre le signal et le moment auquel leur fécondedocilité doit répondre aux vœux d’un maîtreintelligent, même à l’époque où les frimassemblent condamner la nature à un engourdis-sement et à une stérilité momentanés. Il s’em-bellit de tous les charmes du printeins , et sem-ble dire , par l’abondance , L’éclat et le parfum