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Aussi, je l’avoue, lorsque je vois arracheravec violence des arbres du sein de la terre ,lorsqu’on les mutile et qu’on les torture danstous les sens ; à leurs craquemens réitérés , jecrois entendre des sons plaintifs , les accens del’indignation et du reproche, qui semblent dire :
« Nous comptions fournir une longue et utile» carrière ; pourquoi nous privez-vous du bon-» heur de devenir un jour un objet de sollici-» tude et de reconnaissance , nous qui n’ambi-» tionnions que de mériter l’une et l’autre par» notre fécondité ; nous qui nous flattions de» varier , suivant les saisons , la jouissance d’un» maître, par l’éclat de nos fleurs, et par le par-ia fum et la bonté de nos fruits ? »
Le grand inconvénient dans beaucoup de pé-pinières , c’est que , quelques nombreux quesoient les ouvriers , ils ne peuvent pas suffire ,clans certains jours, aux demandes presséesqu’on fait de toutes parts. Un seul homme estchargé quelquefois A'arracher en un jour les ar-bres par centaines. Il faut donc casser, briserSouvent tout ce qui oppose une trop longue ré-sistance. U résulte encore de cette habitude,que , même lorsqu’on n’est pas pressé, on croitne pas devoir traiter les arbres avec plus deménagement.
Voici à peu près la manière dont j’ai vu dans