PRÉLIMINAIRE. j
ces plantes. Ce sont tantôt des appendices ou des prolongemenssinguliers de la corolle, en tonne de cornet ou d’éperon posté-rieur; tantôt des rainures, des fossettes ou des cofonceuienssur les pétales ou sur l’ovaire; tantôt des écadles, des foliolesou des cornets intérieurs; tantôt des glandes, des filets ou despoils , et tantôt enfin des portions même de la corolle qui s'a-vancent un peu plus que d’autres.
Toutes ces parties qui n’ont aucune ressemblance , aucunrapport entre elles, ont reçu, malgré cela, le nom vague denectaire : il faut l’avouer, cette manière de trancher d’un motla difficulté, est trcs-commode pour l’auteur qui fait un sys-tème : mais dans quel embarras ne jette-t-elle pas ceux;qui , d’après de pareilles notions , entreprennent d’étudier laNature !
En effet , ou trouve souvent plusieurs de ces nectaires ,très-différens , réunis dans la même fleur; et alors commentdéterminer lequel doit conserver son nom aux dépens desautres ?
C’est ainsi, que le prolongement en forme d’éperon que l’onobserve derrière les llcnrs de violette, de capucine, etc. con-serve sans difficulté le nom de nectaire , tandis qu’on le refuseà un pareil éperon dans les orchis , pour l’accorder au pétaleinférieur de leur corolle.
Les divisions, soit de la corolle, soit du calice, sont encoresi mal déterminées, qu’on ne sait très-souvent si l’on doit re-garder ces enveloppes comme étant d’une seule ou de plusieurspièces dans telle ou telle plante que l’on observe. La corolledes mauves est monopélaie selon M. de Tcurncfort, et poly-pétalc selon M. Linné . D’un autre côté, ccs deux auteurs s’ac-cordent à regarder la corolle de la tulipe et celle du lys commecomposées de six pétales très-distincts; et ccs corolles sont dé-montrées au Jardin royal , comme n’étant qu’un calice mono-pliylle à six divisions.
Il seroit trop long de rapporter tontes les déterminationsembarrassantes des noms que l’on a donnés aux différentesparties des plantes ; mais ce n’est point assez d’avoir montrél’incertitude et l’obscurité répandues de toutes parts sur cespremières notions faites pour éclairer l’entrée de la Botanique.Nous allons voir les difficultés sc multiplier à mesure que nouspénétrerons plus avant dans cette science. C’est ce qui fera la
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