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Tome premier.
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S DISCOURS

matière dune discussion importante sur la formation vicieusedes genres et des familles par les Botanistes, et sur le peu desoin quils ont pris de distinguer entre le caractère constantqui détermine lespèce, et la nuance locale qui donne la simplevariété.

ARTICLE II.

Des Familles , des Genres , des Espèces et des Farté tes.

Il y a des plantes qui diffèrent entièrement, et dans toutesleurs parties; il y en a dautres qui diffèrent seulement dansbeaucoup de leurs parties; dautres ensuite ne diffèrent que dansquelques-unes de leurs parties; et enfin il y en a qui ne diffèrentabsolument dans aucunes de leurs parties.

Voilà ce qui est bien certain et bien connu ; mais en rap-prochant les plantes en raison de leurs ressemblances , et en leséloignant à mesure quelles diffèrent , peut - ou former desgroupes particuliers séparés par des limites bien marquées etbien circonscrites ? Peut-on , après cela , diviser et même sous*diviser ces groupes considérables, et en former dautres moinscomposés , mais toujours déterminés par des caractères saillans,sans rompre aucun rapport essentiel ? en un mot , existe-t-ilbien réellement des familles que lon puisse isoler les unes desautres ? existe-t-il des genres dont les limites ne soient jamaisconfondues enfin peut-on distinguer sans équivoque les espècesdes variétés, et celles-ci des individus?

Ce sont- sans doute les problèmes les plus intéressans dela Botanique; mais il y a beaucoup dapparence quon ne pourrade long-temps en trouver la solution affirmative.

On a cependant agi comme si ces questions nexisloientpoint, ou n'étoient point proposablcs; on a regardé commecertain, ce qui pouvoit à peine être supposé ; et en conséquenceon a essayé de former des familles du premier ordre , auxquelleson a donné le nom de genre : on sest ensuite retourné demille manières pour faire avec les genres des familles du se-cond ordre, que lon a nommées familles naturelles ; on amême été jusquau point de vouloir réunir plusieurs de cesprétendues familles, pour former des classes, cest-à-dire,des divisions générales que lon regardoil aussi comme natu-relles ; mais la Nature, qui ne sc plie nulle part à ces règles