PRÉLIMINAIRE. 2S
que nous examinons, d’en connoître les propriétés, les usages,et même de le comparer avec les êtres du même genre, aux-quels il ressemble davantage.
Mais quelque satisfaisante que fût la manière dont cette pre-mière vue eût été remplie , l’ordre et la liaison des idées , sinécessaires dans les sciences , exigeroient que la Botanique fitun pas de plus. On sent en effet qu’il manqueroit à l’étude durègne végétal un aspect sous lequel on pût le considérer dansson ensemble , et qui nous présentât la suite des affinités quel’on a observées dans les plantes , et la chaîne admirablementgraduée qu’elles paraissent former, du moins en une multituded’endroits, lorsqu’on les rapproche en raison de ces affinités.L’ordre dont je parle, réunirait le double avantage de nousmontrer d’une part la Nature en grand , et de nous donnerde l’autre une idée nette de chaque être, en nous indiquantses rapports avec tous les autres individus , et en le plaçantdans un point où il recevrait et renverrait la lumière de toutesparts.
Mais ici se présente une question qui me paroît de la plusgrande importance. Peut-on remplir à-la-fois les deux objetsque je viens de citer ? c'est-à-dire, est-il possible que lemoyen qui doit nous faire découvrir les noms que les Bota-nistes ont donnés aux plantes que nous cherchons à connoître ,puisse en même temps nous offrir la gradation de tous les rap-ports particuliers qui lient les plantes entre elles?
Pour moi, je ne balance point à me décider pour la négative,et j’établis cette opinion sur deux propositions dont il me sembleque la vérité ne peut être coutestée.
Premièrement, on ne peut dans un ouvrage do Botanique,de quelque nature qu’il soit , nous conduire par la voie la pluscourte et la plus facile à la connoissance des plantes dont cetouvrage renfermerait les noms et les caractères, si ce n’est àl’aide d’un nombre de divisions proportionné à celui des plantesqui y seroient indiquées.
Supposons , en effet, qu’un ouvrage contienne la descrip-tion exacte de dix mille végétaux , et que quelqu’un ayantcueilli une plante qu’il sait être l’une des dix mille, se proposed’en découvrir le nom , il est certain que si l’ouvrage n’offreaucune division , il faudra lire toutes les descriptions l’uneaprès l’autre, jusqu’à ce que l’on soit parvenu à celle de la