76 PRINCIPES DE BOTANIQUE,quefois comme les feuillets d’un livre; les couches extérieuresqui ont acquis toute la dureté qu’elles peuvent avoir, et qui sontanalogues au bois , portent le nom spécial de couches corticales.
5o. En dehors de ces couches corticales, on trouve une couchede tissu cellulaire qui est réellement une moelle extérieure,et qui communique avec la moelle intérieure. C’est ce tissucellulaire qui, très-développé dans le chêne-liège, fournit lamatière connue sous le nom de liège. Les cellules externesde ce tissu étant continuellement exposées à l’air , s’endurcis-sent, se dessèchent, et leurs parois extérieures forment unemembrane continue et en apparence distincte du reste de l’é-corce ; elle a reçu le nom d 'épiderme, de surpeau, de membranecutanée ou de cuticule (epiderma), et a été long-temps regardéecomme un organe distinct. Cette prétendue membrane se re-trouve dans tous les végétaux et dans tous les organes de vé-gétaux exposés à l’air ; elle manque dans les plantes et lesparties de plantes submergées ou très-fugaces, parce que leurscellules extérieures n’ont pu ni se dessécher , ni s’endurcir.Lorsque plusieurs rangs de cellules s’endurcissent et se dessè-chent, alors la tige a plusieurs épidermes, comme dans lesvieux troncs de bouleau. La manière diverse dont l’épidermese rompt, tantôt en long, et tantôt en travers, dépend de ladirection en longueur ou en largeur qui a été imprimée auxcellules par l’accroissement de l’arbre. Cette loi n’offre d’ex-ceptions que dans les plantes dont la tige est munie d’anglessaillans ou de nervures prononcées qui forcent l’épiderme à sefendre en long , quel que soit le mode d’accroissement dela tige.
ARTICLE III.
Tige des Monocotylédones.
3i. La structure des monocotylédones , qui n’est connue quedepuis les belles découvertes de M. Desfontaines, est beaucoupplus simple que celle des dicotylédones. Ou n’y trouve nimoélle , ni prolongemens médullaires , ni corps ligneux , niécorce véritablement distincts. Pour avoir un emblème gros-sier de leur organisation, imaginons que le corps ligneux d’unedicotvlédone vienne à s’évanouir , que l’écorce continue àcroître par l’addition de nouvelles couches placées à l’intérieur ,que toutes ces couches soient peu ou point distinctes les nues