15G PRINCIPES DE BOTANIQUE,surs nourriciers, outre que leurs parties se multiplieront et pren-dront de l’embonpoint , le nombre des pétales pourra croîtredans chaque lleur , et cet accroissement se fera le plus souventaux dépens des étamines (1) , dont les unes dégénéreront ennouveaux pétales, et les autres resteront la plupart sans an-thères , et ne seront qu’ébauchées ; enfin toutes les étamines ,et les pistils eux-mêmes , pourront se convertir en pétales, etalors il n’y aura plus de lleur proprement dite , et par con-séquent plus de fruit à attendre. On a distingué des fleurs deplusieurs sortes, à raison de ces différentes variations, et l’on aappelé ,
Fleur simple (flos simplex), celle qui n’a que le nombre depétales qui convient à son espèce.
Fleur double (ûo s multiplex), celle qui acquiert un plusgrand nombre de pétales qu’elle ne doit avoir naturellement,mais dans laquelle les organes sexuels subsistent encore en par-tie , et fournissent quelques graines fécondes : l’oeillet offre desexemples de la fleur double. Les Fleuristes distinguent encoreun degré intermédiaire entre la fleur simple et la fleur dou-ble , savoir, la fleur semi-double : cette dernière variété esttrès-commune parmi les renoncules et les anémones.
Fleur pleine ( flos plenus ) , celle dont la corolle est occu-pée toute entière par des pétales provenus de l’expansion desétamines et des pistils, et qui, par celte raison, reste absolu-ment-stérile, ou ne peut se multiplier qu’à l’aide des rejets etdes boutures. On trouve souvent des fleurs pleines sur lamatri-caire, la pivoine, certaines espèces de rosiers, etc.
La fleur pleine est le but vers lequel tendent les soins duFleuriste , dont les intérêts sont à tous égards séparés de ceuxdu Botaniste. Le premier , en effet, plus jaloux de jouir quede connoître , appelle continuellement l’art au secours de la Na-ture , pour exciter celle-ci à des efforts inconnus , et ménager àl’œil des surprises par la nouveauté des couleurs et par le luxepompeux des ornemens : il sacrifie tout au brillant et à l’appa-rence ; il néglige l’espèce en faveur de quelques individus qu’il
(1) Si l’on décompose un narcisse double, on observera que la partieinférieure des étamines subsiste encore dans le tube de la corolie, tandisque la partie supérieure a acquis, par la surabondance de la sève, ruieforce expansive qui l’assimile aux pétales ordinaires de la fleur.