DESCRIPTION DES ORGANES. i5?a adoptés , auxquels il prodigue ses souis , et qu'il transformeen de nouveaux êtres, qui, sous les dehors de la fécondité etde l’abondance, cachent une dégradation réelle.
Le Botaniste, au contraire, uniquement attentif à étudier,à épier la Nature, se plaît à la contempler dans celle naïvesimplicité , plus précieuse sans doute que ces agrémens donton no l’embellit que par la contrainte : il n’adopte les nuancesqu’aulant qu’elles n’altèrent point d’une manière sensible laconstance des formes primitives; en un mot, l’individu quis’offre à lui dans ses recherches , n’est point à ses yeux unêtre isolé; il y voit comme le type et le modèle de l’espèceentière, et il aime à y retrouver ces traits unis, mais vrais,que la Nature a fidèlement prononcés dans les productions quilui appartiennent tout entières.
Une grande partie des fleurs qui naissent à l’aide de la cul-ture , sont donc de véritables monstres végétaux ; mais lamultiplication ou le développement contre nature des partiessimples, qui, dans le règne animal, produit des difformitéschoquantes , ne fait ici qu’ajouter à l’individu de nouvellesgrâces et un nouveau prix pour ceux qui se bornent à la satis-faction momentanée du coup-d’ocil ; au reste , la Botaniquen’aura jamais rien à craindre de l’art du Fleuriste. La Na-ture est si riche, et a des ressources si multipliées, que l’a-bandon qu’elle fait dans nos parterres de ses plus beauxdroits , est moins une perte pour elle , que l’occasion d’unedes plus agréables jouissances qu’elle puisse accorder à l’ama-teur des jardins.
La corolle périt dans toutes les plantes à l’époque de la fé-condation ; dans les fleurs doubles , la fécondation est empêchéepar l’avortement des organes sexuels, en sorte que la corolle ypersiste beaucoup plus long-temps; c’est leur mutilation mêmequi cause le principal mérite de ces fleurs, savoir, leur longuedurée.
i3g. Il arrive quelquefois que la sève, qui se porte toujoursavec plus d’aflluence dans la direction de l’axe de la plante ,tend à faire éclore une seconde fleur à côté de celle qui doitoccuper le centre : mais insuffisante pour fournir à ce doubleemploi, elle laisse son opération imparfaite, et il n’en résultéqu’une monstruosité d’un genre particulier, une fleur jumelledans laquelle le nombre des étamines varie au-dessus de celui