ACTION DES ORGANES. 161
Res intestins : imaginons que les végétaux sont des animauxréduits à cette seule classe de phénomènes.
C’est en suivant cette marche de raisonnement, qu’on a étéconduit à penser que les végétaux sont, comme les animaux,doués d’irritabilité. Cette question, qui fait maintenant un sujetde discussion entre les Naturalistes les plus habiles , est d’unetelle importance, qu’elle mérite un examen spécial.
1B0. Quand certains corps agissent, soit mécaniquement,soit chimiquement sur les fibres musculaires des animaux , ils yproduisent une contraction , laquelle est suivie d’un relâche-ment lorsque l’action du corps irritant vient à diminuer. Onconçoit que si l’irritation a lieu sur une fibre droite, elle tendà en rapprocher les deux extrémités ; dans un vaisseau forméde fibres circulaires , elle rétrécit momentanément le diamètre}dans un sac, elle diminue la capacité; telles sont les idées lesplus générales qu’on puisse avoir de l’irritabilité , propriétéLien constatée dans les animaux , et contestée dans les plantes.
181. Les preuves, sinon les plus frappantes, du moins les plus di-rectes de l’irritabilité végétale , se déduisent des expériences deMM. Bruginans etCoulon. Si l’on coupe en travers une tige d’eu-phorbe, on voit les sucs sortir de l’orifice des mêmes vaisseauxsur l’une et l’autre tranches. Or, le mouvement de ces sucsavoit dans chaque vaisseau une certaine direction; ce n’estdoue pas l’impulsion de ce mouvement qui détermine la sortiedu suc dans les deux sens : ce suc ne coule pas non plus par sortpropre poids ; car il en sort également dans quelqueposition qu’ontienne la tige : il n’est point entraîné par le dégagement d’unfluide élastique ; car quoiqu’il soit visqueux, il n’est point entre-mêlé de bulles : il faut donc que les vaisseaux dans lesquels ilest renfermé se soient contractés après leur section pour forcerle suc à en sortir. Cette conséquence est d’autant plus juste , quesi on place sur la coupe de ces plantes un liquide astringent,comme une dissolution de sulfate de fer ou de sulfate d’alumine ,on voit l’émission du suc cesser à l’instant, comme cela arrivelorsque les mêmes agens sont appliqués sur les plaies d’un animal.
182. Ceci nous conduit à une seconde classe de preuves en fa-veur de l’irritabilité végétale; savoir que tous les agens qui aug-mentent ou diminuent l’irritabilité des animaux , agissent de lamême manière sur les végétaux. Ainsi, on sait que les ani-maux tués par les décharges électriques ne donnent après leur
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