ACTION DES ORGANES. 171
que la sève monte dans les arbres dicotylédones dépouillés d’é-corce , ou dont le canal médullaire est obstrué ; que les injec-tions colorées suivent toujours la direction des vaisseaux lym-phatiques (qui, comme nous l’avons vu, sont très-communsdans le corps ligneux), et ne se dévient point de cette direc-tion pour se jeter dans les cellules avoisinantes. Il paroît cepen-dant prouvé que la sève peut se détourner de cette direction ,et en s’infiltrant dans le tissu cellulaire , atteindre des vaisseaux:collatéraux; ainsi lorsqu’on fait à un arbre quatre entailles dis-posées de sorte que toutes les fibres du tronc soient coupeespar l’une de ces entailles, on voit que l’arbre continue à pom-per de la sève, laquelle doit nécessairement, pour arriver auxbranches, se dévier de sa première direction; c’est par cettedéviation seule qu’on explique comment un arbre greffé avecdeux arbres voisins, et ensuite déraciné, peut être nourri parles deux arbres qui l’entourent ; comment une feuille exposée dansl’air peut être nourrie par d’autres feuilles de la meme brancheplacées sur l’eau; comment une feuille dont les nervures prin-cipales sont coupées , continue à végéter , etc.
iq6. Il paroît que certaines circonstances encore inconnues,déterminent le passage de la sève dans différentes parties ducorps ligneux ; M. Coulomb a observé que lorsqu’au premierprintemps, on perce avec des tarrières des troncs de peupliers,on entend un bruit sourd, et on voit sortir une quantité no-table d’eau dans les trous qui atteignent au centre de l’arbre ,phénomène qui n’a point lieu dans les trous peu profonds.Cette ascension de la sève par la partie voisine de la moelle ,a sans doute lieu par les vaisseaux lymphatiques qui entourentle canal médullaire.
197. Les injections colorées des végétaux ont donné quel-ques apperçus sur la vitesse de l’ascension de la sève. Bonnet aobservé, dans les haricots, que l’injection s’est élevée tantôtà quatre pouces en deux heures, tantôt à trois pouces en uneheure, ou à un demi-pouce en une demi-heure. Mais les ex-périences de Haies réclament toute l’attention des Physiolo-gistes ; il fit découvrir le pied d’un poirier; il introduisit lacoupe d’une racine dans un tube luté hermétiquement par lehaut, rempli d’eau, et qui reposoit par le bas dans une cuvettede mercure : en six minutes, le .mercure s’éleva de 8 poucesdans le tube ; avec un appareil analogue, il observa que les