ACTION DES ORGANES. 175
corps ligneux est entamé. Scott assure que l’eau rendue à cetteépoque par un bouleau , est égale au poids de l’arbre entier:Haies affirme que si, alors , on adapte un tube au sommet d’unchicot de vigne , l’eau y est poussée avec une énergie telle , qu’ill’a vue s’élever à vingt et un pieds dans une expérience, et àquarante - quatre dans une autre. Quelle que soit l’exactitudeaccoutumée de ce physicien , on ne peut se défendre de par-tager ici les doutes de M. Senebier, qui fait remarquer com-bien il est difficile de concilier ces expériences avec des faitsbien connus, savoir, que l’épaisseur de l’écorce, la frêle en-veloppe d’un bourgeon , et jusqu’à une simple couche de gomme,suffisent pour arrêter l’émission des pleurs.
Il est , dans nos climats, une seconde époque où nousvoyons la sève augmenter en quantité d’une manière très-no-table : c’est celle que les cultivateurs désignent sous le nom desève d’août. M. de Saussure a remarqué que la chaleur, ni lefroid , ni la sécheresse , ni l’humidité actuelles, ne hâtent ni neretardent cette époque; elle doit, ainsi que la sève du premierprintemps, être attribuée à des causes intérieures , qui dépendentde la vie même du végétal. Remarquons que ces deux époquesparticulières n’ont lieu que dans les plantes vivaces; que la pre-mière s’effectue au moment où les boulons de l’année précé-dente tendent à se développer; que la seconde s’opère au mo-ment où les boutons de l’année suivante commencent à poindre.Il semble que ces boutons, animés d’une force vitale qui leurest propre , attirent à eux toute la lymphe environnante , à-peu-près comme la graine , qui, dès l’instant où elle est fécon-dée , attire toute la sève des organes environnans.
Remarquons que les boutons communiquent avec les racines,au moyen des trachées qui entourent le canal médullaire; quel’époque de leur développement coïncide avec celle où la sèvemonte par l’intérieur de l’arbre , et nous aurons de grandes pro-babilités pour conclure que l’augmentation de la sève aux deuxépoques que nous avons indiquées , tient à l’action vitale desboutons.
201. Plusieurs auteurs ont tenté de donner des explicationsmécaniques du mouvement de la sève. Grew en cherche lacause dans le jeu des utricules; Malpighi dans la raréfaction etla condensation alternative de la sève, opérée par la tempéra-ture ; deLaHire dans de prétendues valvules qui empêcheroiçnt