Î 74 principes de botanique.
le liquide de redescendre , après que l’expansion de l’air l’au-roit forcé à monter ; Perrault compare cette ascension à unesimple fermentation ; il en est qui la rapportent à un elfel hy-grologique ; d’autres l’assimilent à l’ascension de l’eau dansles tubes capillaires; quelques-uns l’attribuent au vide que latranspiration opère dans certaines parties du végétal. Indépen-damment des objections auxquelles chacune de ces théories estsujette, il en est qui sont communes à toutes; c’est que cesdifférentes causes doivent agir aussi bien sur le végétal mortque sur le végétal vivant, tandis que les résultats sont entière-ment différens ; c’est qu’aucune n’explique la vitesse et la forcede l’ascension de la sève; aucune ne se concilie avec la directiondéterminée des différens sucs du végétal; aucune ne peut ren-dre raison de l’ascension de la sève dans les plantes qui végètentsous l’eau. Je ne nie point que quelques-uns de ces moyens nefacilitent l’ascension de la sève; mais c’est dans les forces vitalesqu’il faut chercher la vraie cause de ce phénomène.
Nous voyons que , dans les animaux , l’œsophage est douéd’une propriété contractile qui force les alimens à passer dela bouche dans l’estomac, quelle que soit la position du corps.Pourquoi cette même propriété, qui dans les animaux est in-dépendante de la volonté , et qui cependant est liée à la vie,n’existeroit-elle pas dans les végétaux? Cette propriété con-tractile des vaisseaux des plantes n’est point une hypothèsegratuite; et indépendamment du grand phénomène de l’ascen-sion de la sève, il en est d’autres que nous pouvons concevoirsans elle , et dont nous avons donné plus haut ( i8t - 184) l’é-numération.
ARTICLE III.
De l’Emanation aqueuse.
' 202. Lorsque la sève est parvenue aux parties foliacées dela plante , toute l’eau qui a servi de véhicule aux parties nutri-tives , et qui ne peut être consommée dans le végétal , s’échappesous forme de vapeur; c’est ce qu’on a nommé transpirationinsensible ou transpiration aqueuse des végétaux, l'ar ceterme , on avoit assimilé cette fonction aux excrétions des ani-maux , tandis qu’elle est réellement analogue à la sortie des ex-crémens.