ACTION DES ORGANES. 181
earbone qui entre dans la sève à l’étal de matière soluble vé-gétale ou animale, est conduite dans ce liquide par les partiesvertes , mais que pour pouvoir s’incorporer au suc descendant,elle a besoin d’être transformée en acide carbonique , ce qui larend plus soluble et plus facile à transporter ; c’est ce qui s’opèrependant la nuit: l’action de la lumière vient ensuite chasser decet acide carbonique l’oxigène qui n’a ainsi servi qu’à trans-porter plus facilement ce carbone de la sève dans le suc nour-ricier. Qu’il me soit permis d’indiquer ici une conséquence pra-tique des faits que je viens d’énoncer; c’est que pour faire vé-géter avec succès des plantes dans un lieu renfermé, il fautfaire ensorte que l’air s’y renouvelle pendant la nuit, parcequ’à cette époque les végétaux inspirent du gaz oxigène.
217. Nous pouvons maintenant apprécier avec quelque exac-titude l’influence des végétaux sur l’atmosphère; nous voyonsd’un côté que les végétaux vicient l’air, i°. parce que toutesles parties qui ne sont pas vertes forment de l’acide carboniqueavec leur carbone surabondant et'l’oxigène de l’air; 2 0 . parceque les parties vertes inspirent pendant la nuit une certainequantité de gaz oxigène, qu'elles ne rendent pas complettcmentpendant le jour. D’un autre côté les végétaux purifient l’air,i°. en décomposant le gaz acide carbonique formé aux dépensde leur propre substance; i°. en décomposant l’acide carboniquequi leur arrive dissous dans l’eau ou dans l’air. Or , pour déter-miner lequel de ces deux effets l’emporte sur l’autre, il suffitde considérer que la totalité de la végétation consiste à aug-menter la masse du carbone fixé dans les plantes ; que cecarbone n’y arrive que par la décomposition de l’acide carbo-nique; que par conséquent les végétaux vivans considérés engénéral, doivent augmenter la quantité de gaz oxigène libre,lequel est, à son tour, absorbé par la respiration des animaux,par la combustion et par la combinaison qui s’en opère avec leterreau, d’où résulte une proportion permanente du gaz oxigènedans l’air atmosphérique. L’expérience confirme cette théorie:M. de Saussure a introduit dans un ballon fermé, plein d’air atmos-phérique, une branche chargée de feuilles qui tenoit encore autronc dont les racines végétoient dans le terreau; il a vu qu’aubout de deux à trois semaines, l’air du ballon contcnoit une pro-portion plus considérable de gaz oxigène. Pour réussir dans cetteexpérience, il faut que la branche n’occupe qu’une très-petite
M 5