ACTION DES ORGANES. 187
présence : c’est de comparer la quantité de cendre produite parla combustion de diverses plantes ou de divers organes d’unemême plante. M. Théod. de Saussure , considérant que cesmatières terreuses et salines sont introduites en dissolution dansl’eau pompée par les racines, que cette lymphe se dirige na-turellement vers les parties de la plante où doit se faire la trans-piration , que celle-ci emporte une quantité presque inappré-ciable de matières étrangères à l’eau, et est généralement pro-portionnée à la succion, établit ce principe général par lequelon peut expliquer la plupart des faits connus , savoir , que laquantité des matières terreuses et salines , ou , en d’autrestermes , la quantité des cendres est proportionnelle à la quan-tité de la succion et de la transpiration. Ainsi , si l’on compareles végétaux les uns aux autres, on trouve que les herbes ontplus de cendres que les arbres, et parmi ceux-ci les arbres àvégétation rapide, plus que ceux à végétation lente. Si l’oncompare les organes d’un même végétal, on trouve que le boisen donne moins que l’aubier, l’aubier moins que l’écorce, l’é-corce moins que les feuilles (1).
228. Les sels alkaüns, c’est-à-dire, ceux de potasse ou desoude, sont de beaucoup plus abondans dans les cendresdes plantes herbacées ou des parties herbacées des arbres quisont en état d’accroissement, comme ils sont aussi les plusabondans dans le terreau. La proportion de ces sels n’augmentejamais sensiblement, et diminue le plus souvent, à mesure quela plante vieillit sur le même sol. Ces sels sont toujours moinsabondans dans l’écorce que dans le bois et l’aubier, et on netrouve pas de différence entre ces derniers organes. On re-trouve une quantité notable de sels alkalins , et notamment dephosphate de potasse , dans les graines. Ces variétés paroissenttenir à ce que la pluie et l’eau qui lavent le végétal enlèventproportionnellement beaucoup plus les sels alkalins, qui sontles plus solubles. Lorsque cct effet a eu lieu , les autres matièresterreuses , qui ne sont pas si facilement enlevées par l’eau, pa-roissent être en plus grande proportion dans les cendres. Lesphosphates de chaux et de magnésie sont, après les sels alka-lins, les plus abondans dans les plantes qui sont en état d’ac-croissement, et leur proportion diminue de même, et par
(r) Ces résultats et les suivans sont tires des recherches de M. deSaussure.