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Tome premier.
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. ACTION DES ORGANES. 191

paroît navoir aucune influence sur ce phénomène; du moinsune jonquille, élevée par M. Senebier à lobscurité totale, afleuri et a développé son parfum comme à lordinaire.

2.33. Les secrétions liquides sont au moins aussi variées, etpeut-être un peu mieux connues que les secrétions gazeuses :plusieurs dentre elles sopèrent par les poils glanduleux placéssur la surface du végétal; tel est le suc caustique des poils delortie et du malpighia urens ; le suc acide du pois ciclie; le sucvisqueux des drosera. Des secrétions ordinairement mielléessont aussi produites dans les fleurs par les véritables nectaires ;dans plusieurs végétaux , au contraire , des sucs analogues suin-tent sur lécorce ou les feuilles , sans quon puisse y découvrirdorganes spéciaux affectés à cet usage. Ainsi, lécorce du robi-nier visqueux, de la gjsophila viscosa, de plusieurs silenés,exsude un suc visqueux ; les feuilles florales de Y initia gluii-nosa suintent une liqueur blanche et très - visqueuse ; lesfeuilles du mélèse suintent une espèce de manne. Le bole-tus suberosus transude, daprès M. Plenck , un suc légèrementacide. Il est très-probable que les petits lichens qui senfoncentdans les pierres produisent ce phénomène, à-peu-près commeles vers qui creusent les rochers, cest-à-dire, en transudantune liqueur qui est de nature à dissoudre certaines pierres.

234. Enfin , les racines elles-mêmes présentent , dans quel-ques plantes, des secrétions particulières; cest ce quon ob-serve dans le carduus arvensis , linula Iielenium, le scabiosaarvensis, plusieurs euphorbes et plusieurs chicoracées. Dansces dernières plantes , ces secrétions ont été très-visibles , parcequelles sont laiteuses comme le suc propre : il semble que cessecrétions des racines ne soient autre chose que les parties dessucs propres, qui, nayant pas servi à la nutrition, sont reie-tees au dehors lorsquelles arrivent à la partie inférieure de*vaisseaux. Peut-être ce phénomène, assez diflicile à voir, est-il commun à un grand nombre de plantes. MM. Plenck et Huai-boldt ont eu lidée ingénieuse de chercher dans ce fait la causede certaines habitudes des plantes. Ainsi, on sait que le char-don des champs nuit à lavoine ; leuphorbe et la scabieusc aulin; linule aulnée à la carotte; lérigeron âcre et livroie aufroment, etc. Peut-être les racines de ces plantes suintent-elles des matières nuisibles à la végétation des autres. Au con-traire, si la salicaire croît volontiers près du saule, lorobanche